françois hollande propose un "pacte de responsabilité" aux entreprises
françois hollande propose un "pacte de responsabilité" aux entreprises © reuters

A propos du pacte de responsabilité annoncé par François Hollande, cette baisse des charges pour les entreprises en échange d’embauches, la droite dénonce "un tournant politique".

Or, ce n’est pas un "tournant" : la droite se trompe!

Elle parle de tournant parce qu’elle a en tête le tournant de la rigueur de 1982 et veut accréditer l’idée que François Hollande tourne le dos à ses promesses de campagne comme Mitterrand à sa politique de relance. Il faut dire que le pacte de responsabilité annoncé par le chef de l’Etat lors de ses vœux du 31 décembre est assez loin du discours de campagne du candidat Hollande au Bourget quand il fustigeait la finance qualifiée d’ennemi ! Mais le fait est que le tournant a eu lieu voici un peu plus d’un an.

Il a été pris lors de la première conférence de presse du président en novembre 2012 . Ecoutez :

A l’issue de la remise du rapport Gallois, le gouvernement proposait un pacte de compétitivité aux entreprises avec la mise en place du CICE, le Crédit impôt compétitivité emploi : une baisse des charges en échange d’une augmentation de la TVA. L’acceptation par le président socialiste d’une politique de l’offre en lieu et place de la traditionnelle politique de la demande généralement mise en œuvre par les socialistes. On ne peut parler de tournant dans la mesure où ça voudrait dire que le gouvernement tourne une seconde fois. Il reviendrait donc à son point de départ, à une politique de la demande. Ce qui n’est pas le cas puisqu’il propose aux entreprises de continuer à baisser leurs charges en échange d’embauches.

Plutôt que de tournant, le gouvernement parle d’accélération. Mais pour le moment, on ne voit pas trop l’accélération et il faut attendre la conférence de presse du 14 janvier pour avoir le détail du plan et son calendrier. Il faut plutôt parler d’une triple confirmation :

1-François Hollande a compris que les emplois aidés ne marchaient pas pour inverser la courbe du chômage. Ils ralentissent la hausse, mais pour avoir une inversion durable, il faut en passer par les vrais emplois dans les entreprises. C’est la leçon des chiffres décevants du mois de décembre.

2-François Hollande acte l’effacement de son premier ministre et opère un retour spectaculaire au premier plan . Jean-Marc Ayrault avait tenté un coup politique pour se remettre en selle en évoquant la mise à plat de la fiscalité. C’est raté. Comme l’explique un conseiller de l’Elysée dans le couple exécutif, un seul est élu, c’est le Président. Entre les lignes, on comprend bien que l’un, le Président, est là jusqu’en 2017, quand l’autre, le Premier ministre, a un bail très précaire.

3- Mais le Président n'a pas de majorité pour appliquer sa politique -c'est là qu'est l'os! On l’a vu avec les premières réactions des tenants de la gauche populaire qui dénoncent déjà les cadeaux au Medef : ça coince à gauche du PS et au PS.

C’est d’ailleurs la vraie raison pour laquelle le Président préfère passer par les ordonnances plutôt que par la loi. Le gouvernement justifie ce recours aux ordonnances par l’urgence et l’accélération. En réalité, c’est parce qu’il ne veut pas voir ses projets retoqués ou amendés par des députés contrariés et des sénateurs dissipés qui ne sont pas forcément convaincus par le réalisme présidentiel.

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