Aujourd'hui tous les candidats à l'Elysée sont obligés de passer par la case maquillage.

Voeux de François Fillon de 2017
Voeux de François Fillon de 2017 © Maxppp / Francois Lafite/Wostok Press

Par Nathalie Schuck.

Est-ce que vous avez regardé les vœux de François Fillon le 31 décembre ? Son équipe reconnaît que c’était plutôt raté. Rien à voir avec le fond du message. Non, le problème c’était l’image. Pour faire des économies, le champion de la droite n’était pas passé entre les mains expertes d’un maquilleur. Résultat : un teint rougeaud et des cheveux tout blancs, comme s’il avait pris dix ans !

Ça peut paraître anecdotique, cette affaire de look et de fond de teint, mais dans la bataille de com que se livrent les candidats à la présidentielle, c’est capital. La « papesse de la com » Anne Méaux, par exemple, se vante d’avoir convaincu Fillon de débroussailler un peu ses épais sourcils. Comme lui, les candidats ne peuvent plus se permettre la moindre apparition publique sans passer par la case anti-cernes et blush bonne mine. Je vais peut-être vous étonner, mais même les hommes politiques portent du mascara sur les cils. Ça agrandit le regard !

Et parfois, les maquilleurs et maquilleuses font partie intégrante des équipes politiques.

Cela a notamment été le cas de Marina Michenet. Son nom ne vous dit rien, vous ne l’avez jamais vue, mais cette jeune femme blonde a été pendant treize ans l’ombre de Nicolas Sarkozy, la seule à pouvoir faire courir ses pinceaux sur son visage, lui qui déteste qu’on le touche et redoute les microbes. Elle l’a accompagné partout, en Libye, en Afghanistan et a même dépanné Barack Obama ou Angela Merkel pour des petits raccords. Autant vous dire qu’elle connaît un nombre incalculable de secrets d’Etat ! Marina détient même un record : elle a été la première maquilleuse embauchée à temps plein à l’Elysée. C’était entre 2010 et 2012. Montant de son salaire : 8.000 euros net par mois, à faire pâlir Henri Guaino ! François Hollande, dont le célèbre coiffeur gagne 8.000€ aussi, n’a donc pas à rougir.

Recourir aux services d’un maquilleur professionnel, ça coûte très cher. Après la campagne présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait déposé 51.000€ de factures de coiffure et maquillage, et Nicolas Sarkozy 34.000€. La très sourcilleuse Commission des comptes de campagne avait trouvé ça largement « excessif ». Aujourd’hui, les candidats font donc souvent à l’économie. Quand Manuel Valls est en déplacement avec des caméras, c’est une de ses attachées de presse qui le maquille. Quant à Emmanuel Macron, il peut compter sur son épouse, l'omniprésente Brigitte, pour faire une petite retouche.

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