Emmanuel Macron s’est fait élire sur une ligne "à droite et à gauche" mais beaucoup semblent douter de la musculature de sa jambe gauche. Lors de ses vœux il a évoqué un grand « volet social »...

C'est bien son engagement de réduire la fracture sociale, qui a fait d’Emmanuel Macron autre chose qu’un simple candidat du centre droit. Seulement voilà ! Sauf si le président veut ménager ses effets, les députés de la majorité avec qui j’ai parlé ces derniers jours, ne semblent pas attendre plus en matière sociale que les réformes de l’assurance chômage, la formation, l’apprentissage ou encore la future loi sur Le Maire sur les entreprises. C’est vrai que contrairement à François Fillon, Macron n’a jamais voulu toucher à notre système de protection maladie, ce qui est un « minimum social » pour la gauche. Mais pour une grande partie de la majorité, la clé de tout, celle qui doit réconcilier l’économie et le social c’est la lutte contre le chômage. Un point c'est tout.

Le problème c’est que Macron semble ne se souvenir que d’une partie de ses électeurs : les juppéistes, pour qui la relance de la production est l’alpha et l’omega de toute politique économique. D’où les Ordonnances Travail, la réforme de l’ISF, la « flat tax »... 

Mais quid des électeurs de gauche ? Ce sont eux, et surtout  les vallsistes et les strauss khaniens, qui ont propulsé Macron à l’Elysée. Et pour eux, la politique de l’offre doit s’accompagner d’une politique de redistribution. Et là, on est loin du compte.

Macronpeut encore se « gauchir », et les partis de gauche sont tellement atomisés, qu’à court terme, leur pouvoir de nuisance semble compromis. Le problème pourrait, en revanche, venir de sa propre majorité. On a déjà vu le malaise de certains lors de la réforme de l’ISF ou récemment sur les migrants. Brigitte Bourguigon, ex députée socialiste, a constitué au sein de LREM un petit groupe  d’élus de gauche qui, de moins de 10 en juillet sont désormais une trentaine. Sans être frondeurs, ces marcheurs, Macron a peut-être intérêt à les écouter. 

Au risque sinon de n’être ni un Fillon ni un Valls ni un DSK mais un Juppé, qui aurait réussi à conquérir l’Elysée, mais un Juppé bis, seulement... On serait tenté de dire  « tout ça pour çà ? »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.