Les retraités sont nombreux sur les ronds-points à porter le gilet jaune. Il faut dire qu’Emmanuel Macron ne les a pas épargnés, depuis le début du quinquennat, et le président risque de le regretter, c’est en tout cas ce qu’on en pense dans la majorité comme dans l’opposition...

À Nice le samedi 8 décembre, lors d'un rassemblement des Gilets Jaunes : "Arrêtez de plumer les mémés et les pépés"
À Nice le samedi 8 décembre, lors d'un rassemblement des Gilets Jaunes : "Arrêtez de plumer les mémés et les pépés" © AFP / Valery Hache

S’en prendre à nos aînés a été une faute morale et politique. 

Voilà ce que me confiait Benoît Simian, député macronien de Gironde. Et il n’est pas le seul au sein de La République en Marche à regretter les mesures du gouvernement vis-à -vis de cette catégorie de la population laquelle rappelons-le vote massivement et singulièrement pour Emmanuel Macron au second tour en 2017 après avoir voté en faveur de François Fillon au premier tour.   

Au gouvernement et à l’Elysée, on a également pris conscience d’une certaine injustice puisque pour répondre à la crise des Gilets jaunes, le plafond au-dessus duquel les retraités n’étaient plus exonérés de la hausse de la CSG a été relevé de 1200 à 2000 euros pour une personne seule. Cette mesure n’a pas suffi à calmer le mécontentement des retraités. Philippe Vigier, un député centriste qui dit être dans une opposition constructive à Emmanuel Macron déclarait :

Les retraités sont très présents sur tous les ronds-points. Ils sont là notamment pendant les périodes intermédiaires, lorsque les Gilets jaunes qui travaillent ne peuvent pas se mobiliser. Ils préparent les repas, les desserts… 

Pour ce député d’Eure-et-Loir, comme pour beaucoup dans la majorité, Bercy, Matignon et l’Elysée devraient aller plus loin. Et notamment, ré-indexer les retraites. C’est à dire remettre en place le dispositif qui permettait aux pensions d’évoluer au même rythme que les prix. Et donc de sauvegarder le pouvoir d’achat des retraités. Or, ce mécanisme a été supprimé cette année. Pour certains élus, rétablir le dispositif serait la seule façon de désamorcer la crise des Gilets jaunes, mais, dans la majorité, personne n’y croit vraiment. Parce que cela coûterait cher aux caisses de retraite. Parce qu’idéologiquement, le chef de l’Etat est persuadé que faire payer les retraités favorise l’emploi et surtout l’emploi des jeunes.  

Reste une dernière bretelle de sortie pour le gouvernement s’il ne veut pas perdre définitivement le vote des retraités qui pourraient aller voir au RN ou retourner chez Les Républicains : la réforme des retraites, justement. Où tout le monde, actifs, retraités et entreprises pourraient être « gagnant-gagnant. » Mais là aussi, la partie est loin d’être gagnée.

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