Arnaud Montebourg,le champion du « made in France »,plutôt discret en ce moment, serait même un peu déprimé.

arnaud montebourg va rencontrer general electric au sujet d'un rapprochement avec alstom
arnaud montebourg va rencontrer general electric au sujet d'un rapprochement avec alstom © reuters

Comme tous les lundis de Pentecôte, Arnaud Montebourg va faire aujourd'hui l'ascension du Mont Beuvray dans le Morvan. C'est un peu sa Roche de Solutré à lui, comme François Mitterrand en son temps. Sauf que cette année, il a le sac à dos un peu plus lourd, Arnaud Montebourg. Il en a gros sur la patate. Il a très mal vécu le sondage OpinionWay du "Figaro-Magazine".Un sondage qui montrait que 3% des Français voulaient que François Hollande se représente. Mais c'est un autre chiffre, passé inaperçu, qui l'a complètement assommé : 3% des sympathisants socialistes veulent que ce soit lui, Arnaud Montebourg, qui porte les couleurs de la gauche en 2017. Un tout petit 3%, très très loin derrière Manuel Valls, qui est à 40%. Et très très loin de ses 17% à la primaire socialiste en 2011. Comme dit un de ses copains : « Comme Arnaud ne pense qu'à la présidentielle, il a beaucoup de mal à avaler ça...»

Bref, rien ne se passe comme prévu. "L'homme à la marinière" avait noué un pacte de non-agression avec un autre présidentiable, Manuel Valls, pour récupérer Matignon. Ca, c'est fait. Et son pari, c'était le suivant : François Hollande ne serait peut-être pas en situation d'être candidat, Manuel Valls serait forcément plombé par trois années à Matignon, et c'est lui qui raflerait la mise ! Sauf que pour l'instant, c'est plutôt Valls qui s'envole, et lui qui dévisse. On imagine que ça ne doit pas faire pleurer François Hollande, l'autre « Monsieur 3% », qui se souvient forcément de cette petite phrase de 2007 :

Et il accumule les déconvenues, Arnaud Montebourg. Il rêvait d'un grand Bercy pour lui tout seul, et il est obligé de cohabiter avec un colocataire pas facile, Michel Sapin, placé là par François Hollande pour le marquer à la culotte. Et maintenant, ses ennemis salivent aussi d'avance à l'idée qu'il pourrait manger son chapeau dans l'affaire Alstom, puisqu'il a pris position pour l'Allemand Siemens contre General Electric.

Parce qu'il n'a pas du tout apprécié que Patrick Kron, le patron d'Alstom, négocie dans son dos avec l'Américain GE. Comme il dit en petit comité, je vais essayer d'imiter l'accent montebourgeois : « Patrick Kron, il m'a pris pour un con, je vais en faire du petit bois ! .

C'est pour ça qu'il est plutôt discret en ce moment sur le terrain politique. Il bosse, Arnaud Montebourg ! Il veut être, comme il dit, « le ministre des gens », arracher des résultats sur l'emploi, faire ses preuves . D'ailleurs, il a réussi un joli coup avec le « décret patriotique » pour protéger les fleurons nationaux. Mais il voit bien les sondages : les Français le trouvent sympa, volontaire, mais pas très efficace, un peu snob, et trop impulsif pour l'Elysée ou Matignon.

Bref, comme dit méchamment un élu proche de Manuel Valls : « Le problème d'Arnaud, c'est que c'est difficile d'avoir un destin national quand on parle avec un œuf dans la bouche »...

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