La problématique de l’identité, la droite n’est pas la seule en parler : la gauche s’y met aussi.

Carte d'identité et carte d'électeur
Carte d'identité et carte d'électeur © Radio France / Jean-Marie Porcher

C’est même un sujet récurrent dans les discours de Manuel Valls. Au congrès de Poitiers, le Premier ministre y est revenu sous l’angle de la laïcité comme rempart, je cite, « contre les communautarismes ». Et de stigmatiser par exemple les « pensées rétrogrades qui enferment les femmes derrière un voile ».

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François Hollande n’est pas en reste. Le chef de l’Etat qui a par exemple confié être contre l’accompagnement des sorties scolaires par des mères voilées. François Hollande qui ne cesse de dire à ceux qu’il rencontre que l’identité sera un thème majeur en 2017 et que le candidat de gauche, sous-entendu lui, devra y répondre. Sur la laïcité comme sur l’immigration.

Sauf que sur l’immigration, la gauche est toujours considérée comme laxiste. C’est un peu la quadrature du cercle pour elle. Il suffit de lire le sondage publié par nos confrères du Nouvel Obs dans leur dernière livraison. 43% des Français estiment que sur l’immigration, le gouvernement est trop à gauche et même, ce n’est pas rien, un quart des sympathisants du PS. Le gouvernement a beau faire preuve de fermeté et évacuer de manière musclée les migrants comme hier à Paris, rien ne semble y faire. Quel intérêt alors pour la gauche d’aller sur ce terrain s’il est perdu d’avance? Elle y va par défaut. Parce que sur le front économique et du chômage, c’est encore plus compliqué. En matière de thématiques régaliennes et d’identité, les mots comptent plus que les chiffres: autrement dit, il n’y a pas de comptes à rendre mensuellement sur une courbe à inverser. Sauf que toute la gauche n’est pas unanime sur le sujet. Certains, les proches du Premier ministre en tête, estiment qu’il faut être pragmatiques et répondre à une préoccupation qui transcende les clivages politiques, de droite et de gauche donc. D’autres condamnent ce qu’ils considèrent comme du suivisme. Même le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis déplore que « la gauche ne maîtrise plus les débats politiques » . Une gauche sur la défensive et non offensive. Si l’on en croit Michel Rocard, « les socialistes ne savent plus comment l’être ». Et de fait, on voit mal François Hollande se représenter en 2017 et promettre à nouveau ce qu’il n’a pas fait en cinq ans : je veux bien sûr parler du droit de vote des étrangers. Un vrai marqueur de gauche, pour le coup, mais qui n’a pas résisté aux crispations identitaires, à cette « droitisation » à laquelle les socialistes se retrouvent confrontés. Il n’y a pas que les Républicains qui se divisent sur ce thème, entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

C’est aussi un sujet hautement inflammable pour la gauche.

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