Par Renaud Dély

Pour tout vous avouer, j’aime plutôt bien le foot et je vais vous parler des politiques qui sont de vrais mordus de ballon rond, pas de ceux qui font semblant à l’occasion d’une grande compétition juste pour flatter leurs électeurs.

Je voudrais vous rappeler le souvenir d’un disparu, Philippe Séguin, le plus grand dingue de foot, et peut-être dingue tout court, de la classe politique.

Je me souviens qu’en 1994, durant la Coupe du Monde qui se déroulait aux Etats-Unis, Séguin, qui présidait l’Assemblée Nationale, avait fait installer un mini-téléviseur bien caché au pupitre de son perchoir. D’une paupière, il faisait semblant de suivre les débats dans l’hémicycle, de l’autre il dévorait les matches et informait discrètement les députés de l’évolution des scores avec des gestes de la main.

Séguin était sans doute le meilleur connaisseur du foot. A peine sorti de l’ENA, il avait rédigé au début des années 70 la Charte du joueur professionnel, la première convention collective pour les joueurs. Bien des années plus tard, quelques mois avant son décès, en 2010, alors qu’il présidait la cour des Comptes, il m’avait confessé la plus grande fierté de sa vie. Vous savez ce que c’était ? C’était d’avoir vu jouer la grande équipe de Hongrie des années 50, celle qui avait humilié l’Angleterre à Wembley en 1953. Il avait dix ans à l’époque et Séguin pouvait encore réciter toute la composition de l’équipe menée par Puskàs.

Une fois, j'ai joué au foot avec un homme politique, et pas avec n’importe lequel. C’était en 2005. J’ai joué au foot avec… Philippe de Villiers. Avec mes copains de la joyeuse bande de So Foot , le mensuel désormais bien connu, nous avions organisé un match avec nos amis du Paris Foot Gay , une équipe qui lutte contre l’homophobie. C’était un petit piège pour Villiers, pas vraiment ouvert sur le plan des moeurs. En short et balle au pied, le vicomte était, ce jour-là, beaucoup plus progressiste qu’à la tribune d’un meeting aujourd’hui.

Supporters de foot
Supporters de foot © Fotolia

Dans le foot, il n’y a pas que les joueurs, il y a aussi les supporters. Pour conclure, je voudrais rendre hommage au meilleur des supporters parmi les politiques, en tout cas d’après Zlatan Ibrahimovic. Je l’ai interviewé l’année dernière et il ne m’avait pas parlé de François Hollande, comme il l’a fait cette semaine, mais d’un certain… Nicolas Sarkozy. On le sait, l’ancien Président passe son temps au Parc des Princes et déboule dans les vestiaires du PSG après les matches. Ce qui faisait dire à Zlatan : « Il est drôlement énergique ce gars-là. A chaque fois qu’on gagne, il l’air tellement content qu’on dirait que c’est lui qui marqué ! »

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