L’épidémie commence enfin à être maîtrisée. En sortant de l'urgence, nous faisons déjà les premières comparaisons et ce n’est pas très agréable pour le pouvoir en place.

Il n’y a rien qui énerve plus les conseillers d’Emmanuel Macron en ce moment que de leur parler de l’Allemagne. Il faut dire que toute la journée, on ne leur parle que de ça.  

Ah, Son plan de relance est plus massif. Cent-trente milliards d’euros, rendez-vous compte. Ah, l’Allemagne a réussi à avoir bien moins de morts, seulement 8 600. Elle a eu plus de masques. Elle a massivement testé sa population. Elle a déconfiné avant.  

« On ne peut pas passer sa vie à se comparer avec notre voisin ». Voilà ce qu’on nous dit à l’Elysée. Où le sujet est carrément banalisé. Non, ce n’est pas que les allemands font mieux, c’est qu’on aurait un vieux complexe d’infériorité, nous les Français.  

« C’est un syndrome ancien qu’on retrouve dans les arts, la philosophie, la littérature et les sciences ». C’est ce que met en avant l’Elysée.

Pourquoi ce sujet est-il en réalité si sensible ?

Parce que le gouvernement va passer sur le gril des commissions d’enquête parlementaire. Elles commencent bientôt. Et la question qui va revenir, c’est pourquoi nos voisins ont été meilleurs.  

Et puis, il y a un match qui se joue en toile de fond, entre Angela Merkel et Emmanuel Macron. La chancelière allemande est au pouvoir depuis plus de 14 ans et sa popularité atteint les… 71%. La grande question de ces derniers jours, c’était de savoir si elle allait tenter un cinquième mandat.  

De l’autre côté, notre Président, lui, est sous la barre des 40%. Et il cherche désespérément la bonne formule pour reprendre la main. Soit un coup de barre à gauche, en distribuant des milliards. Soit un coup de barre écologique. Soit un coup de barre à droite, avec la reprise de la réforme des retraites. Il n’a pas encore tranché.  

Emmanuel Macron rêvait pourtant d’être un alter ego de Merkel

Il voulait même lui chiper son leadership en Europe. Il n’a pas réussi. La seule victoire récente qu’il a remportée, c’est d’arracher à l’Allemagne l’idée d’un plan de relance européen de 500 milliards d’euros. 

En réalité, Emmanuel Macron est maudit depuis le début avec l’Allemagne. Souvenez-vous du 15 mai 2012. François Hollande est investi président et part dans la foulée en avion voir Angela Merkel. L’avion est foudroyé et doit faire demi-tour. 

A l’intérieur du Falcon, il y avait un jeune conseiller de l’Elysée, un certain Emmanuel Macron.  

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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