On a beaucoup parlé des un an d’Emmanuel Macron. Mais il y en a un autre qui fête sa première année au pouvoir, c’est Edouard Philippe. Un premier ministre qui a fait son trou.

Par Marcelo Wesfreid.

Sa première bougie, il la soufflera le 15 mai exactement. Le 15 mai 2017, Emmanuel Macron nommait cet illustre inconnu, sauf pour les habitants du Havre. C’était un ancien porte-parole d’Alain Juppé. Un homme qui pensait sa vie politique était terminée après le fiasco de son patron. Il allait travailler comme avocat. Tourner la page. Et puis, Edouard Philippe a ressuscité. 

En douze mois, il s'est fait un nom et un prénom

Il fait tourner ce gouvernement de novices en politiques. Et, il s’occupe de tous les dossiers qui demandent une infinie patience. Recevoir des élus de Notre-Dame des Landes, recevoir des maires pour Grand Paris express, ou des syndicats de cheminots, il s’y colle. Il sert de soupape de décompression à la colère sociale. 

Ses interlocuteurs le trouvent sympa et à l’écoute, mais ils savent tous que le vrai pouvoir est à l’Elysée. Entre Macron et Philippe, c’est un mariage de raison qui tient. D’un côté, un homme qui veut tout gérer ; de l’autre un bon élève appliqué. Pour le reste, on n’a pas la moindre info sur leur relation, leurs discussions, leurs divergences s’ils en ont, c’est l’un des secrets les mieux gardés de la République.      

Edouard Philippe a été l’invité d’honneur des fêtes de Jeanne d’Arc

C’était le pèlerinage sur les pas de la Pucelle qui libéra la ville, jadis. Et un pèlerinage sur le pas d’Emmanuel Macron qui avait présidé ces fêtes, il y a deux ans, pendant la précampagne. Hier l’enjeu, c’était pour Edouard Philippe de parler à la France de droite, et aux élus, comme le maire de la ville, qui hésitent à rejoindre la majorité. Edouard Philippe est pour Macron une bombe à fragmentation à droite. Il n’est plus chez les Républicains. Il n’est pas non plus à La République en marche. Il est un sas de passage d’un monde à l’autre pour affaiblir les Républicains. 

D’habitude, un premier ministre se consume vite dans l’Enfer de Matignon. Là, c’est l’inverse, il a l’air content. Même s’il a perdu pas mal de points avec sa proposition de limiter la vitesse à 80km. Actuellement, on lui prête tous les avenirs : tête de liste aux européennes en 2019, candidat à la mairie de Paris. Candidat à la mairie de Bordeaux, pour succéder à Juppé. Président de la région Nouvelle Aquitaine. Mais tout cela dépendra du bon vouloir d’un certain Emmanuel Macron.

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