La campagne européenne a bien du mal à décoller, mais il y a une bonne nouvelle : l'Europe va bien ! Très bien même, si l’on en juge par la profusion de candidatures aux élections du 26 mai prochain.

Les électeurs français auront le choix entre 33 listes, soit pas moins de 2 607 candidats pour 79 sièges de députés réservés à la France ! Que ceux qui en ont marre de voter par défaut ne viennent pas se plaindre d’un manque de choix ! Gilets jaunes, monarchistes, animalistes, Frexiters, révolutionnaires et xénophobes de tous poils vont tenter de gagner en notoriété dans ce qui ressemble de plus en plus à une vaste opération de parasitisme électoral.

Mais ont-ils seulement un programme ? 

Pas sûr, pas tous, enfin pas encore… Bref, on attend avec impatience les professions de foi qui seront publiées lundi par le ministère de l’Intérieur. S’il vous brûle d’ici là de connaître les programmes de ces listes improbables, allez donc consulter leurs sites internet et pages Facebook — quand ils existent. Ne soyez pas trop exigeants, les enjeux européens restent le cadet de leurs soucis, mais profitez du divertissement offert par ces lectures. Le concours Lépine politique est ouvert !

Après tout l’innovation peut aussi être politique…

Totalement. Et le prix du brouillage politique revient sans conteste à cette liste dont je vous laisse deviner la nature. Leurs auteurs avancent que : « la volonté générale et le peuple souverain sont des mythes permettant à des oligarchies politiques, technocratiques et financières de capter et confisquer le pouvoir à leur profit ». Vous pensez avoir à faire à une liste de dangereux rouges révolutionnaires ou un collectif de gilets jaunes particulièrement remontés ? Pas du tout, il s’agit de la prose de l’Alliance Royale, qui a déposé une liste intitulée « Une France Royale au cœur de l’Europe ». Vaste promesse…

Nous voici donc avec des listes sans programmes, sans affiches et sans bulletins de vote. Tout cela pourrait s’apparenter à une sympathique farce politique… s’il n’y avait ce sentiment étrange d’un détournement électoral, organisé par des candidats qui préfèrent jouer aux hommes-sandwichs plutôt que de répondre la question posée.

Peu de chance que l’idée européenne déjà affaiblie par les tribulations du Brexit, le crépuscule d’Angela Merkel et la montée des populismes ressorte grandie de ce scrutin façon puzzle.

Les invités
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.