Face à la montée du Front national, les politiques de gauche comme de droite ne savent pas comment riposter ; on leur reproche même d’être tétanisés.

Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National
Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National © PHOTOPQR/LE PARISIEN / PHOTOPQR/LE PARISIEN

On a l'impression que l'UMP et le PS viennent seulement de se réveiller et de réaliser que ce qui semblait impensable : l'élection de Marine Le Pen à l'Elysée est désormais entrée dans le champ des possibles, même si ça reste très improbable. Et face à cela, ils sont totalement divisés.

Prenez Manuel Valls : il essaie de secouer les consciences en disant sa « peur » que la France devienne l'Autriche de l'Europe.

Alain Juppé pense au contraire que les électeurs en ont marre des leçons de morale et qu'il faut « détricoter » le projet du FN. Laurent Wauquiez veut faire du « gros rouge qui tache »; Bruno Le Maire dit qu'il ne faut surtout pas en parler; et Nicolas Sarkozy reprend carrément les mots de l'adversaire avec le « FNPS ».

Il faut donc prendre le FN à son propre jeu

Marine Le Pen nous répète qu'elle est « prête à gouverner », eh bien chiche ! Prenons-la au mot, quitte à faire de la politique-fiction! Imaginez qu'elle soit élue Présidente en 2017, bombardée cheffe des armées, chargée des codes nucléaires, et la France mise au ban des Nations. Vous imaginez Louis Aliot, son compagnon, en « premier Monsieur de France »? Florian Philippot à Matignon? Gilbert Collard garde des Sceaux? Marion Maréchal-Le Pen à la Famille? Bruno Gollnisch à la Défense? Eric Zemmour ou Jean Roucas à la Culture? Certains élus de droite iraient peut-être à la soupe, mais comment pourrait-elle les nommer sans se contredire après avoir critiqué « l'UMPS »? Le problème du FN, c'est qu'il n'a pas le personnel politique compétent pour constituer l'armature d'un Etat.

Le FN, s’il était au pouvoir, aurait-il les moyens de mener son programme politique ?

C'est « le » gros sujet, parce qu'on voit mal comment Marine Le Pen pourrait bien obtenir une majorité à l'Assemblée. Comment elle pourrait passer de 2 députés à 289 avec le mode de scrutin actuel.

Résultat : elle se retrouverait en cohabitation avec le Parlement, réduite à l'impuissance qu'elle reproche à ses adversaires.

Bien sûr, elle aurait toujours l'arme du référendum. Mais est-ce que les Français oseraient dire « oui » à la sortie de l'euro, « oui » à la peine de mort, « oui » au déremboursement de l'IVG, « oui » à l'inscription de la préférence nationale dans la Constitution? Et s'ils répondaient « non », elle quitterait le pouvoir?

Bref, le danger, on le voit, ce serait une grave crise de régime en seulement quelques mois.

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