La Commission nationale des comptes de campagne, une institution trop méconnue.

Une fois n'est pas coutume, j'aimerais tirer un grand coup de chapeau à une institution qui abat un énorme boulot.

Son titre exact, c'est « la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques ». Elle vérifie que les futurs élus ont fait campagne réglo, qu'ils n'ont pas truandé, dissimulé des dépenses ou fait exploser leur budget.

C'est cette commission qui est à l'origine de l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. En gros, ils jouent le rôle de gendarmes des élections. Mais pas d'uniforme. Pas de sirène hurlante... Ce sont des magistrats de la Cour des comptes, de la Cour de cassation, des juristes. Une armée de 200 personnes, avec même des magistrats à la retraite.

Ils travaillent à deux pas du Louvre, à Paris. Il faut montrer patte blanche pour rentrer dans leurs locaux. A l'intérieur, il y a des dossiers partout, des factures, des devis.

Les membres de cette commission, ce sont des vrais malades. Ils peuvent demander à un candidat à la présidentielle de fournir des justificatifs pour le repas d'un garde du corps. J'ai vu un dossier, en l'occurrence celui de François Hollande, où ils demandaient des précisions sur l'achat d'un pupitre de meeting. Ils trouvaient le prix déclaré trop cher.

Actuellement, tout le monde est sur le pont pour éplucher les comptes des candidats aux départementales de mars dernier. Il y en a 9.000. Mais leur plus gros problème, ce n'est pas tellement le volume, c'est qu'ils n'ont pas vraiment de moyen d'investigation, alors qu'ils jouent un rôle crucial.

Ils travaillent sur la base de ce que déclarent les candidats. Si quelqu'un oublie de mentionner un meeting par exemple, ça arrive, ils ne peuvent pas aller dans un QG vérifier qu'il y a un bien eu une réunion politique.

Et c'est un problème, parce que leur travail est par nature assez compliqué. Un exemple : Jean-Yves le Drian est candidat aux régionales en Bretagne, mais il est aussi ministre. Qu'est ce qui dépend de ses déplacements comme ministre, qu'est ce qui doit être comptabilisé comme déplacement de campagne? Parfois, la frontière est compliquée.

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Dans la foulée, ils auront à plancher sur la présidentielle. La difficulté, c'est maintenant de prendre en compte la primaire. Tous les partis d'opposition se mettent maintenant à la primaire. Ce sont des frais, une sorte de précampagne qu'il faut prendre en compte aussi. Pour la primaire à droite, la règle, c'est que les dépenses postérieures à avril 2016 du candidat à la primaire qui l'emportera seront imputées sur son compte de campagne présidentielle. Bref, un nouveau casse-tête.

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