Dans quelques heures, en début d’après-midi, tout le monde aura les yeux braqués sur Colombey-les-Deux-Églises. C’est là qu’Emmanuel Macron va conclure ce que l’on a appelé « l’année de Gaulle », en commémorant le cinquantième anniversaire de la disparition du Général…

Mais la fin de cette fameuse « année de Gaulle », elle signe aussi le début d’une autre année mémorielle chère à Emmanuel Macron. C’est « l’année Mitterrand ». Et cette « année Mitterrand », dont on parle encore peu, pour la bonne et simple raison qu’elle n’a toujours pas été officiellement confirmée, et bien elle va s’étaler sur tout le long de l’année 2021… 

En 2021, nous allons commémorer pas moins de quatre dates anniversaires fortes liées à l’ancien président. 

Il y a d’abord les 25 ans de sa disparition, ce sera le 8 janvier prochain. 

Il y a ensuite le quarantième anniversaire de son élection. C’était le 10 mai 1981. Date à laquelle un socialiste a accédé pour la première fois à l’Élysée sous la Ve République.

Et puis il y a enfin deux autres dates en octobre : le 26, ce sera les 105 ans de la naissance de François Mitterrand. Et surtout, les 40 ans de l’abolition de la peine de mort. Dans onze mois jours pour jours, le 9 octobre 2021. 

Et ça, croyez-moi ce sera un rendez-vous très fort de l’année prochaine. Surtout qu’il y a de bonnes chances pour que l’ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, celui qui a porté ce texte à l’époque,  soit demain la mémoire vive - et vivante ! - de cet anniversaire. 

Si Emmanuel Macron attache autant d’importance à toutes ces commémorations, c'est parce qu’il cherche à revendiquer un peu de l’héritage de François Mitterrand ?

Aujourd’hui, Mitterrand, c’est un petit peu comme de Gaulle : tout le monde y trouve son compte. Que l’on soit socialiste ou non, c’est ça l’avantage. Emmanuel Macron il n’échappe pas à cette règle. 

C’est même le contraire, puisque le chef de l’État travaille sa stature miterrandienne. Souvenez-vous par exemple, au printemps, lorsqu’il a repris la devise « La France unie » pour lutter contre le coronavirus. Eh bien ça, c’était le slogan de François Mitterrand pour la campagne 1988. 

Or 1988, c’est l’année où le président socialiste sortant a été confortablement réélu pour un second mandat, alors même que tout le monde le donnait perdant quelques mois plus tôt. On imagine facilement pourquoi ça fait rêver Emmanuel Macron.

L'équipe