Voilà une femme politique qui travaille et qui a décidé ne pas faire beaucoup de vagues : le cas Ségolène Royal

Ségolène Royal a défendu son texte à l'Assemblée nationale
Ségolène Royal a défendu son texte à l'Assemblée nationale © maxppp

Elle fait un même sans faute, la ministre de l’Ecologie. Soyons honnête, pas grand monde n’aurait parié là-dessus. Souvenez-vous : pendant les deux premières années du quinquennat, la grande majorité des dirigeants socialistes tremblaient à l’idée que François Hollande propose à Ségolène Royal un poste de ministre. Personne n’imaginait que cela puisse bien se passer. L’ancienne compagne du Président, la mère de ses enfants, à la table du Conseil des ministres, que de psychodrames en vue ! Ils craignaient tous que Ségolène Royal soit ingérable, provoque des couacs à répétition, se croit tout permis. Et puis non, pas du tout…

Pourquoi ? Déjà, il y a une raison, disons extérieure, un évènement que personne ne pouvait prévoir, et qui a contraint Ségolène Royal, en cette rentrée, à adopter une attitude responsable . Je pense évidemment au livre de Valérie Trierweiler. À côté de cette trahison folle, Ségolène Royal n’avait pas tellement d’autres choix que celui d’adopter le rôle de la femme loyale, fidèle à François Hollande. C’est d’ailleurs elle qui est montée en premier au créneau pour le défendre quand Trierweiler l’a accusé de qualifier les pauvres de « sans dents ».

On va l’écouter, c’était sur BFM début septembre :

Ségolène Royal est loin de mettre le bazar, elle essaie au contraire de calmer le jeu. Elle le fait même assez habilement pour se permettre de ne pas sombrer dans la langue de bois. Ce week-end, elle a lâché sur France 3 « qu’un certain nombre d’erreurs » avaient été faites depuis le début du quinquennat. Et même qu’il fallait « rectifier le tir », sans que cela n’émeuve qui que ce soit…

En fait, ce que beaucoup avaient sans doute oublié, c’est que Ségolène Royal avait une expérience ministérielle, contrairement au ¾ des ministres en place. Et puis, elle a été candidate à la présidentielle, elle sait y faire.

Il faut voir comment elle porte la loi de transition énergétique cette semaine, à l’Assemblée nationale. Elle s’en sort bien, d’ailleurs, grâce à une synthèse tout à fait hollandaise. Puisqu’elle vante « un texte équilibré, qui n’oppose pas les énergies les unes ou autres. Ni tout nucléaire, ni sortie du nucléaire ».

Comme ça, tout le monde est content. Même les écolos !

Les écolos sont d’accord avec une ministre socialiste et ce n'est pas si fréquent.

Jean-Luc Bennahmias, ancien Vert passé au Modem dit : « Si il y a une ministre qui a les moyens et l’autorité d’imposer ce qu’elle veut c’est Ségolène Royal ». Cécile Duflot encense la « très bonne réponse de Ségolène Royal » sur la suppression du plafonnement nucléaire, se félicite qu’elle refuse les forages dans le parc du Lubéron, quant à Jean-Vincent Placé, il est carrément « fan ». Déjà, aux journées parlementaires d’Europe Ecologie les verts, elle avait emballé l’auditoire en défendant son projet de loi. Et je peux vous dire que ça donne des idées à beaucoup

Qui peut rassembler la gauche aujourd’hui ? Tout le monde se demande si François Hollande sera en capacité tout simplement de se représenter en 2017, Manuel Valls est pour le moins clivant, Arnaud Montebourg est isolé, Benoît Hamon n’a pas l’image d’un présidentiable.

Un ministre la semaine dernière qui énumérait devant moi toutes ces hypothèses a conclu par : « donc, ce sera Ségolène… » Alors, aujourd’hui cela vous fait peut-être rire, mais il y en a une qui a toujours cru en elle, en son destin, qui n’a jamais renoncé : c’est elle-même, Ségolène Royal !

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