Par Nathalie Schuck, journaliste politique au Parisien/Aujourd'hui en France

françois hollande ne "lâche rien" sur l’emploi
françois hollande ne "lâche rien" sur l’emploi © reuters

Connaissez-vous ce que l'on appelle le « syndrome de la Sarkozyte aiguë » ?

C'est ce moment très précis, dans un quinquennat, quand le président de la République, en général très bas dans les sondages, se met à parler avec une pointe d'agacement des « commentateurs », des « observateurs », des « experts », des « sachants », des « parlants », bref de tous ceux qui écrivent et qui disent, je cite, « n'importe quoi ». Cela donne :

Nicolas Sarkozy :

Les commentateurs, ils commentent. Moi je suis du côté des acteurs, j'agis. Leur façon d'agir, c'est de commenter, c'est nécessaire. Ma façon d'agir, c'est d'agir, c'est indispensable. On fait pas le même travail.__

- Nicolas Sarkozy estime que les commentateurs sont nécessaires, mais pas indispensables.

C'était en 2009, et à l'époque il disait souvent: « tous les matins, quand j'ouvre les journaux, je me prends un seau de purin sur la tête ». Et je vous propose d'écouter maintenant François Hollande. C'était ce week-end, au sommet du G20.

François Hollande :

Alors d'abord, parlons des observateurs. Les observateurs, c'est une formule pour dire ceux qui commentent l'actualité, j'imagine ? Faut-il encore qu'ils regardent bien.

Et pan, dans les dents ! Alors certes, c'est dit à la François Hollande, c'est tout en rondeur... mais c'est dit quand même. Et si je vous parle de cela ce matin, c'est parce que la "love story" du président avec les médias a de toute évidence un peu de plomb dans l'aile. Il n'a pas aimé, François Hollande, mais alors pas aimé du tout qu'on dise que Barack Obama et lui étaient « isolés » sur la Syrie. « Isolé, moi ? »

Il l'a dit à des journalistes dans l'avion qui les ramenait de Russie : « c'est faux, ça n'a aucun sens de dire ça ». Mais c'est surtout au Figaro qu'il en veut. Il est très remonté contre le Figaro, qui a publié une longue interview de Bachar al-Assad. Pas une interview, « une tribune », en tout cas c'est ce qu'il dit ! Et ça l'agace, François Hollande, parce qu'il sait que ce sont les Rafale du groupe Dassault qui vont sans doute partir bientôt pour bombarder la Syrie.

- Ce serait chez Francois Hollande, plus du dépit que de la colère non ?

Probablement. Parce que François Hollande a toujours eu une passion pour les médias. Et pas seulement, je tiens à le préciser, parce que ça lui a permis de rencontrer sa compagne, une journaliste, Valérie Trierweiler.

Non, c'est plus profond que ça. Hollande a toujours adoré les médias. Le matin, il lit tout, il écoute tout, il n'y a pas une phrase ou une info dans un journal ou une émission de radio qui lui échappe.

  • Francois Hollande a d'ailleurs été un peu journaliste aussi.

C'était en 85-86, ça peut sembler totalement surréaliste aujourd'hui, mais à l'époque il écrivait des éditos au « Matin de Paris », signés François Holland sans le « e » à la fin. Donc, aujourd'hui, il se sent un peu incompris par les médias, à un moment capital de son quinquennat.

Il y a eu cette scène étonnante en Russie : Hollande, Obama, assis face-à-face et les journalistes qui n'arrêtaient pas de photographier Obama, comme des groupies. Hollande leur a lancé cette petite phrase, digne d'un amoureux éconduit : « jamais vous ne feriez ça pour moi, jamais ».

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