En deux semaines d’actualité politique, on a le sentiment d’avoir vécu une année de gifles pour le Président. Cette accumulation avait pourtant commencé par un remaniement qui avait le mérite de clarifier une bonne fois pour toutes, le chemin social-libéral emprunté par François Hollande.

Jusque-là, il était resté au milieu du gué pour ménager ses alliés, ses ennemis et lui-même au passage.

Le big, mais jamais le bang. Et voilà que quand il opère ce big-bang, c’est l’apocalypse qui lui tombe sur la tête.

nouvelle chute dans les sondages pour hollande et valls
nouvelle chute dans les sondages pour hollande et valls © reuters

A tel point que même quand il y a des résultats probants, ils restent inaudibles. François Hollande est tellement dans la nasse que même lorsque les premiers résultats de sa politique pointent le bout de leur nez, ils passent inaperçus.

La semaine dernière, un rapport du Forum économique mondial indiquait que pour la première fois depuis 4 ans, la France ne reculait plus au palmarès de la compétitivité mondiale.

Alors certes, c’est une 23ème place peu glorieuse mais le déclin s’est enrayé.Sauf que voilà : le climat politique est tellement anxiogène qu’il emporte tout sur son passage. Et François Hollande, le premier des Français, en est le premier responsable. Lui qui ne cesse de vouloir redonner confiance au pays le plombe.

Il n’a pourtant pas l’intention de céder sa place : il l’a redit vendred. « J'y suis j’y reste » a dit le chef de l’Etat : réécoutons le. C’était au sommet de l’Otan au pays de Galles :

François Hollande a raison. Parce qu’une démission plongerait le pays dans une crise de régime aux conséquences imprévisibles. Quant à une dissolution, elle ouvrirait la porte à une droite toujours divisée. Mais François Hollande s’est arrêté en chemin. Il aurait dû ajouter «j’agirai jusqu’au bout mais pas au-delà ».

Autrement dit renoncer à une nouvelle candidature et le dire ouvertement. François Hollande a une ultime chance d’en sortir par le haut : rester jusqu’en 2017 et partir de son propre chef. Ce serait du jamais vu. Il pourrait alors consacrer ses deux dernières années et demi à réformer véritablement le pays.

Le Président de la République peut encore profiter de sa conférence de presse le 18 septembre pour annoncer qu’il ne briguera pas un second mandat. Ca aurait de la gueule.Il serait certes démonétisé, mais ne l'est-il pas déjà ?

François Hollande n’a plus beaucoup de cartes dans sa poche. Celle d’un mandat unique lui donnerait peut-être un peu de lustre. Il désarmerait les attaques de droite et de gauche. Mais surtout il pourrait en redonner au pays en œuvrant enfin, et pour la première fois sous la Ve République, de manière désintéressée. Sans entrave et sans ambition électorale. A ce rythme de toute façon, vue sa popularité, elle est au mieux vaine, au pire insensée.

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