omment se passe un dîner avec Ségolène Royal ?

C’est plein de surprises ! Alors, pour comprendre, il faut faire un petit effort d’imagination. Donc, le dîner se passe au ministère de l’Écologie, dans ce magnifique Hôtel de Roquelaure. La nuit tombe. On nous sert des tisanes (tenez-vous, bien, avec les herbes du jardin)… Ségolène Royal nous parle de la centrale nucléaire de Fessenheim…

Ségolène Royal a défendu son texte à l'Assemblée nationale
Ségolène Royal a défendu son texte à l'Assemblée nationale © maxppp

Tout allait bien… Et puis, soudain, un bruit infernal, venant du parc : le cancan des canards ! Je ne sais pas si vous le savez, mais c’est une tradition au ministère de l’Écologie : chaque nouveau ministre installe deux nouveaux canards dans le parc. Roselyne Bachelot avait les siens. Elle les avait même baptisés, figurez-vous: Bernard et Rama. Du nom de ses deux secrétaires d’État, Bernard Laporte et Rama Yade. Avec lesquels, vous l’avez compris, elle entretenait des relations détestables ! Alors, on n’a pas demandé à Ségolène Royal le nom de ses canards. La seule chose qu’on sait, c’est qu’ils ont été offerts par l’actrice Jeanne Moreau. Et qu’ils peuvent gâcher un diner politique.

Alors, au-delà de l’anecdote, pourquoi cette invitation à dîner ?

Elle ne veut pas se faire oublier, Ségolène Royal. Vous savez qu’en décembre, Paris accueillera la conférence mondiale sur le climat. C’est un gros dossier. Mais ils sont deux à le partager : Ségolène Royal et Laurent Fabius. Vous l’avez compris : entre eux, il y a une petite course à l’échalote. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même : eh bien, Royal a décidé de faire sa com’.

Comment va-t-elle, Ségolène Royal ?

Eh bien, je dirais : égale à elle-même. Toujours aussi belle, lumineuse. Mais la dent… toujours aussi dure. Il y a ces ministres qui ne roulent pas en voiture électrique. Il y a Emmanuel Macron, avec qui elle s’entend « tellement bien », mais qu’elle appelle quand même « bébé Macron ». Et puis alors, quand on commence à parler de Martine Aubry, sa grande rivale, là c’est un festival. Je la cite : « Aaahh Titine, comment va-t-elle ? Mais elle a arrêté la politique, non ?» . Bref, du grand Royal !

Pendant ce dîner, elle nous a confié que, pour elle, la présidentielle, c’était terminé .

Je la cite : « C’était trop dur, trop violent. Ils m’ont laissé pour morte sur le bord de la route. » Alors elle ne veut plus « prendre de coups », Ségolène Royal. Aujourd’hui, elle dit qu’elle est « libre ». Elle dit aussi qu’elle a tiré de ces épreuves une philosophie de la vie : « vivre l’instant présent ». Ce qui ne l’empêche pas, je vous rassure, de penser au coup d’après. Il y a un poste où elle se verrait bien, Ségolène Royal, c’est le Ministère des Affaires Étrangères. Mais ça, elle ne l’avouera jamais.

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