Retour sur le campus de La République en marche à Bordeaux et sur l’avertissement inédit adressé par François Bayrou et Edouard Philippe aux marcheurs dans la perspective des municipales.

Nous étions téléportés en 2002 hier.

François Bayrou était alors patron de l’UDF. Et Il avait refusé de rejoindre l’UMP, le grand parti de la droite et du centre. De cette rebuffade, il reste une phrase célèbre : « Si nous pensons tous la même chose alors nous ne pensons plus rien. »

A l’époque, Edouard Philippe l’a rappelé hier, lui, était dans l’autre camp, celui d’Alain Juppé, qui construisait alors cette large alliance contre le front national. 

Mais hier, ils étaient tous les deux sur la même longueur d’ondes

Dans un drôle de mimétisme façon Dupont et Dupond, les deux hommes, purs produits de l’ancien monde, ont infligé aux marcheurs une petite leçon de politique à six mois des municipales.  

Le premier, François Bayrou a tenu à rappeler qu’un maire, c’est « une personnalité, une attention à ses concitoyens, une vision » et cela « au-delà des enjeux partisans ». 

Edouard Philippe est bien d’accord, il a rappelé, lui, qu’on « ne vote jamais aux élections municipales pour une étiquette » et que « l’enracinement municipal d’une formation politique est toujours progressif ». 

En résumé, les marcheurs feraient bien de s’essayer à la modestie et d’arrêter de se penser invincibles dans les villes où Emmanuel Macron a réalisé de bons scores à la présidentielle et où la liste de Nathalie Loiseau était en tête aux Européennes. 

A commencer par Bordeaux… 

La République en marche a cru bon y parachuter Thomas Cazenave, un haut fonctionnaire, face au maire actuel, le LR Nicolas Florian. 

Ce dernier a deux particularités : il dirige la ville avec le Modem et surtout, il est le successeur désigné par Alain Juppé. 

Autant dire que Philippe et Bayrou, qui ont partagé hier un long petit déjeuner, ont trouvé un combat commun. 

Mais quand ils font l’éloge des maires, ils parlent aussi d’eux-mêmes…

Bien sûr, Bayrou, est élu à Pau depuis 2014. 

Edouard Philippe, maire du Havre de 2010 à 2017, envoie énormément de signes. Lui dont les tripes ont le goût de l’eau salée, a dit-il hier, éprouve le désir de revenir dans sa ville. 

Si les deux hommes politiques parlent d’eux-mêmes, ils s’adressent également à quelqu’un en particulier. 

Leur plaidoyer, ils l’ont fait sous l’œil attentif de Philippe Grangeon, l’un des principaux conseillers d’Emmanuel Macron. 

Comme s’ils jugeaient désormais nécessaire de propulser en pleine lumière, c’est une première hardiesse, en tout cas pour Edouard Philippe, le message qu’ils passent en privé au président de la République au sujet de ces marcheurs bien trop présomptueux.

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