Pourquoi ces effets d'annonce ? Pourquoi continuer à promettre la lune, et pourquoi on n'y arrive pas ?

Souvenez-vous de François Hollande. En 2012, il promet de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim. La gauche et les Verts en font des tonnes pendant cinq ans. Mais à la fin, les réacteurs tournent comme avant. Souvenez-vous de la taxe carbone sous Edouard Philippe ou de l’écotaxe. A chaque fois, le pouvoir se repeint en vert. Et à chaque fois, c’est un four. Le pouvoir crée plus de déçus que s’il n’avait rien fait.

Et on a eu d'autres exemples plus récemment

Quand ils ont découvert le projet de loi, c’était la semaine dernière, les écolos ont hurlé. En catimini, le gouvernement venait de ré-autoriser un pesticide. Et pas n’importe lequel. Un néonicotinoïde. Un produit qui a des effets dévastateurs sur les abeilles.   

Cette dérogation ne concernera pas tous les agriculteurs. Juste les producteurs de betteraves, qui en ontbesoin contre une maladie, qui s’appelle la jaunisse. Mais nous voilà face à la première brèche. Car la France se vantait jusqu’à présent d’être le premier pays en Europe à avoir interdit ce produit. 

Une histoire qui rappelle celle du glyphosate

Le « Round Up », cet herbicide dont la France a promis de se débarrasser en trois ans – plus vite et plus fort que nos voisins. Sauf que les solutions alternatives ne sont pas au point. Là aussi, il y aura un paquet de dérogations, pour éviter que les agriculteurs ne mettent la clé sous le tracteur.

Pourquoi on n'y arrive pas ?

Parce que la plupart du temps, l’Etat n’est pas prêt. Les industriels non plus. La société n’est pas mûre. Bref, personne n’a travaillé sur l’atterrissage. Et c’est sans doute ce constat terrible qui a conduit le gouvernement à changer d’approche. Regardez le plan de relance : quels sont les grands chantiers ? Eh bien c’est confondant de banalité ! Ce sont des idées vues et revues. La rénovation thermique des logements, cela fait des années qu’on en parle. Ou le retour du fret. A part sur le plan hydrogène, les annonces de Castex ne font pas rêver…

Mais au bout du compte, grâce aux 20 milliards qui arrivent dans le BTP, vous aurez peut-être isolé vos combles ou changé de fenêtres. Merci l’Etat. C’est concret. Et cela fera peut-être plus de voix qu’un grand soir écolo qui n’arrive jamais.

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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