Il est têtu Jean-Luc Mélenchon. Il poursuit sa stratégie en solitaire. Mais certains de ses proches et lui-même seraient saisis par le doute. Mais ce n’est pas la première fois.

Par Jannick Alimi.

Jusque là, il a toujours défendu cette démarche en solo car elle a sa logique : comment tendre la main à des partis comme Génération.s de Benoît Hamon, fondamentalement pro-européens alors que la France Insoumise s’est bâtie sur une ligne eurosceptique voire europhobe ? Pourquoi l’ex sénateur socialiste qu’était Mélenchon, ne briguerait-il pas le leadership politique et social à gauche alors que- il n’en démord pas- il n’a raté le second tour de la présidentielle que pour 600 000 voix ? 

Jean-Luc Mélenchon marche seul, mais, comme le chuchote un de ses proches "il commence à douter". 

Parce que le mouvement social sur la réforme de la SNCF le met à mal. Même si ce n’était que par quelques « nervis anars », le député de Marseille a été interdit de défiler la semaine dernière contre la fin du statut des cheminots. Preuve aussi des fêlures au sein de la France Insoumise : l’appel lancé par François Ruffin. Le député du Pas-de Calais, proche de la France Insoumise mais sans en être membre appelle ainsi à une grande marche contre Macron le 5 mai prochain. Or, Mélenchon a préféré rester en retrait alors que l’appel, lancé à Woincourt, dans la Somme, réunissait, Ruffin et Eric Coquerel de la France Insoumise mais aussi Olivier Besancenot, Pierre Laurent du PCF et Benoît Hamon...

Pas d'union sans Mélenchon 

Comme le sussure un socialiste, pourtant peu amène avec Mélenchon, «Mélenchon, c’est la clé de tout. » La gauche ne peut rien sans lui. Mais le leader insoumis est face à un choix cornélien : soit il poursuit sur sa trajectoire populiste au risque de perdre soit il l’infléchit vers une ligne unitaire moins «révolutionnaire » au risque de se perdre.  

«Si entre les deux tours de la présidentielle Mélenchon avait appelé à voter Macron et tendu la main au PS, il nous aurait fait éclater. » Ce n’est pas n’importe qui me confie cela : c’est Jean-Christophe Cambadelis, l’ex premier secrétaire du PS...

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