Les Français semblent avoir pris goût à la discussion, au débat. Il ne s'agit pas seulement de militants ou d'élus, mais aussi de citoyens. Et cela devrait durer…

Une chose est sûre: c’est que depuis cinq mois, la parole est libérée et pas seulement sur les ronds-points ou dans les manifs du samedi mais au sein des mairies, des salles de fêtes où des milliers de petits débats se sont noués. Eh bien ce mouvement de fond n’est pas prêt de s’écraser sur les rives encore inconnues de l’issue du Grand Débat. De Paris, à Laval, de la Bretagne à l’Auvergne, les élus quelles que soient leurs étiquettes s’apprêtent à poursuivre ces cénacles démocratiques.  

Plusieurs initiatives sont sur le point d’être lancées

Florian Bachelier, le premier questeur de l’Assemblée nationale et député LREM d’Ille et Vilaine, va répondre à partir d’aujourd’hui, et tous les mercredi soirs, par vidéo aux questions posées via les réseaux sociaux.   En Haute-Vienne, les maires de deux petites communes, Aixe-sur-Vienne et Châlus, vont organiser régulièrement des débats en présence de leur député, en l’occurrence un marcheur. « Pour nous autres, les députés, se réjouit Jean-Baptiste Djebbari, l’élu de Haute-Vienne, c’est une façon de nous ancrer dans nos circonscriptions en dépassant le petit cercle naturel des militants ou des sympathisants. »   

Le socialiste Guillaume Garot, député de la Mayenne, va également poursuivre ce qu’il avait déjà promu l’an dernier. A partir du 27 avril, des « Ateliers citoyens » se réuniront tous les samedis pour « travailler au long cours », un texte de loi. Cette fois-ci, ces débats porteront sur les déserts médicaux. « Le but, nous confie le député, c’est de rédiger des amendements que je porterai à l’Assemblée à l’automne lors de la discussion du Projet de loi de Financement de la Sécurité sociale. »   

Une petite révolution démocratique qui émerge ?  

Pour le socialiste, il s’agit de renforcer la démocratie représentative par plus de démocratie participative. D’autant plus, souligne Guillaume Garot, que « certains sujets se prêtent au dépassement des clivages partisans. »   Pour Florian Bachelier, le but  est de rebâtir « ensemble un grand dialogue national, permanent, apaisé et républicain. » On le voit, la principale réponse politique au Grand débat c’est peut-être le grand débat permanent.

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