élections européennes le 25 mai 2014
élections européennes le 25 mai 2014 © reuters

Les élections européennes, plus que les municipales, sont un casse-tête pour les partis dits pro-européens. A droite comme à gauche, beaucoup de responsables politiques s’accordent à dire que les enjeux locaux pourraient l’emporter.

En revanche, les européennes de mai prochain qui se joueront en un tour prendront une toute autre dimension avec une nationalisation de l’enjeu. La question est alors de savoir sur quels thèmes faire campagne. Pour les extrêmes, ce sera très simple : autant pour le Front national que le Front de Gauche : haro sur l’Europe. Chacun dans son couloir, le FN reprochant, une nouvelle fois, à l’Union européenne de priver la France de sa souveraineté, le Front de Gauche accusant Bruxelles de s’abandonner à l’ultralibéralisme.

Que vont dire le PS et l’UMP au milieu de tout cela ? C’est tout le problème : ils ne le savent pas vraiment. Qu’ils tapent sur l’Europe et ils feront le jeu des extrêmes. Au contraire, qu’ils fassent preuve de courage en assumant leur fibre européenne et ils risquent d’en payer le prix dans les urnes, au moment où la défiance vis-à-vis de l’Europe, traditionnel bouc émissaire, est très forte. La ligne de crête est donc très étroite.

Vincent Peillon qui sera tête de liste dans le sud-est, en est conscient. Il a d’ailleurs demandé à Arnaud Montebourg, qui n’est jamais en manque d’une critique contre Bruxelles, de mesurer ses attaques. Avec toute une frange du Parti socialiste pas très euro-motivée, la tâche du ministre de l’Education s’annonce âpre. D’ailleurs cette difficulté à trouver une ligne de campagne, s’opposer à l’Europe sans la dénigrer, se lit dans le combat qu’a mené la France pour faire modifier la directive sur les travailleurs détachés qui permet d’embaucher des salariés sous la réglementation d’un autre pays européen. Jean-Louis Borloo, co-dirigeant désormais de l’Alternative avec François Bayrou, assure avoir trouvé le graal, le fil rouge qui fera mouche mais on est prié d’attendre pour connaître sa recette miracle…car il n’en dira pas plus à ce stade. L’enjeu est aussi de taille pour les deux centristes l’Europe étant l’un des principaux ciments de leur pacte.

Le centre pas très inquiet. En revanche au PS et à l’UMP, à la difficulté de trouver une ligne s’ajoute celle de trouver des hommes ! Vincent Peillon s’est auto-désigné chef de file de la majorité. Certains y ont vu une manière d’assurer ses arrières en cas de remaniement du gouvernement. Mais de toute façon, il n’est pas certain que le ministre fasse beaucoup d’envieux tant la mission est à risque. Jean-Marc Ayrault qui essaie de se maintenir le plus longtemps possible à son poste pourrait passer son tour. Quant à Harlem Desir, il est certes député européen et entend le rester mais il est si fantomatique aujourd’hui qu’on l’imagine mal mener une campagne ! A l’UMP non plus on ne se bouscule pas au portillon. Jean-François Copé a demandé au député Franck Riester d’assurer la direction de la campagne. Il s’y était déjà frotté en 2009. Deux fois le président de l’UMP l’a sollicité, deux fois l’intéressé a décliné.

Mais Jean-François Copé a d’autres questions tout aussi urgentes à traiter : comment recaser aux européennes tous ses ex-députés sans mandat : Nadine Morano, Renaud Muselier ou encore Michèle Alliot-Marie... A chacun ses priorités.

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