Ces élections régionales sont peut-être en train de tourner une page à droite, la page Sarkozy.

Tout tient en une formule, un constat : « Sarko, ça ne marche pas » ! Ce diagnostic émane d’un des dirigeants du parti Les Républicains qui n’est pas vraiment hostile à l’ancien Président. Mais voilà, lui aussi a fini par se rendre à l’évidence : « Sarko, ça ne marche pas… ».

Depuis des mois, même des proches s’en inquiétaient. Ils trouvaient que Nicolas Sarkozy n’avait pas vraiment profité de sa brève retraite pour s’apaiser, pour changer. Ils jugeaient qu’il ne travaillait pas assez, qu’il ne parvenait pas à formuler des idées nouvelles, qu’il s’entourait mal. Bref, que le remake, le « Sarko 2 », comme c’est souvent le cas au cinéma, était moins bon que le premier épisode.

Le verdict des urnes du premier tour des régionales a donc confirmé cette impression : « Sarko, ça ne marche pas » ou plutôt « ça ne marche plus »…

Sarkozy a été reçu par Hollande
Sarkozy a été reçu par Hollande © MaxPPP

Comment Nicolas Sarkozy vit-il cette révélation ? Plutôt mal, évidemment. C’est la première fois que Nicolas Sarkozy prend vraiment conscience que son retour ne se déroule pas comme il l’avait prévu. Surtout, ce que l’ancien Président a très mal vécu, c’est de voir les candidats de son parti, « ses » candidats, se détourner de lui.

En Ile-de-France, Valérie Pécresse lui a signifié qu’il n’était pas question qu’il tienne un meeting à ses côtés entre les deux tours. Même chose dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, chez Xavier Bertrand, où il ne faut surtout pas effrayer l’électeur de gauche, ou en Bourgogne-Franche-Comté.

« Nicolas ? C’est le retour de la machine à perdre », rigole un député de droite. La « machine à perdre », je ne sais pas si vous vous souvenez, mais le surnom a longtemps collé aux basques de Charles Pasqua, accusé par les siens d’avoir fait perdre Chirac en 1988, puis Balladur en 1995.

Entre ces deux tours des régionales, Sarkozy a en quelques sortes été placé en résidence surveillée par son camp. Et il n’a obtenu qu’une permission de sortie entre les deux tours pour tenir un meeting dans la région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes… Pourquoi là-bas ? Parce que la droite est déjà sûre d'y perdre !

Tout cela augure d’un lendemain d’élection agité à droite et c’est le moins qu’on puisse dire . Selon la formule d’un ancien ministre de droite : « On serre les rangs, et le reste, jusqu’à dimanche et après, on ouvre la chasse au Sarko ! »

Alors attention, ce ne sera pas forcément la nuit des longs couteaux. Mais au moins, celle des petits canifs. On sait que Bruno Le Maire s’apprête à réciter son appel au renouveau, Alain Juppé à réclamer de la clarté, François Fillon du courage, sans oublier un nouveau venu probablement la semaine prochaine Laurent Wauquiez qui, s’il gagne en Auvergne-Rhône-Alpes, ne tardera pas à annoncer sa candidature à la primaire de la droite, version droite dure, évidemment.

Bref, voilà le gibier « Sarko » cerné, mais bien décidé comme toujours, à vendre chèrement sa peau.

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