Les municipales sont un vrai casse tête pour le parti présidentiel. Et chaque jour apporte son lot de mauvaises surprises…

On avait deux candidats marcheurs à Paris. Deux à Lyon. On en a maintenant deux à Biarritz. Et pas n’importe lesquels puisque ce sont deux collègues du même gouvernement. Ils siègent donc ensemble, chaque mercredi, au conseil des ministres, et vont s’affronter dans deux listes concurrentes. C’est inédit. 

Tout ça, dans une ville de 24 000 habitants. Et comme souvent dans ces situations, Emmanuel Macron regarde, laisse faire, laisse pourrir en quelque sorte la situation. Il attend de voir qui va surnager. 

Cette affiche dit beaucoup de chose de l’évolution du macronisme

C’était à l’origine une tentative de recomposition politique, un mélange de gauche et de droite, mais les clivages sont en train de réapparaître…

D’un côté, vous avez Didier Guillaume. Le ministre de l’Agriculture. Sa carrière politique, il l’a commencée à gauche. Mouvement des jeunes socialistes. Soutien à Mitterrand. Il a été proche de François Hollande. Ensuite, il a dirigé la campagne de Manuels Valls à la primaire. Avec le succès qu’on connait…

Et de l’autre, vous avez, Jean-Baptiste Lemoyne. Lui, c’est la droite conservatrice, Il était contre le mariage homosexuel. Il était proche de Sens Commun. Et jusqu’en 2017, il siégeait comme sénateur, sous la bannière des Républicains. 

C’est le premier élu de droite à avoir rejoint Macron à la présidentielle. En récompense, il a été propulsé secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères en 2017. Lui, il va rejoindre la liste du maire sortant de Biarritz, qui est Modem, Michel Veunac. 

Pourquoi se présentent-ils dans cette ville ?

Ils se trouve qu’ils ont des attaches familiales. Mais jusqu’à présent, leur terre d’élection, c’était la Drôme pour Didier Guillaume, qui a même dirigé le département. Et l’Yonne, pour Jean-Baptiste Lemoyne. 

A Biarritz, Didier Guillaume monte une liste sans demander d’investiture à La République en Marche. Une sorte de rassemblement des citoyens engagés ou non en politique. Il la joue en mode société civile, hors étiquette habituelle. Quant à Jean-Baptiste Lemoyne, lui, il joue la carte plus classique de l’accord avec le Modem local et la recherche d’une investiture officielle. 

Pour résumer, on a donc deux candidats que tout oppose sur le fond comme sur la forme, et qui n’ont en commun que d’avoir soutenu le même homme. Cette personnalisation extrême, ça été la force du macronisme. C’est en train de devenir sa faiblesse. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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