Certains sondages montrent que l'abstention pourrait être importante à gauche aux municipales. La faute au Président et au gouvernement, qui désespèrent leur propre camp ?

françois hollande au plus bas dans un sondage ifop
françois hollande au plus bas dans un sondage ifop © reuters

Vous avez sans doute vu passer ce sondage Ifop il y a un mois : il montrait qu'un tiers des Français, 35% précisément, envisageaient de bouder les urnes les 23 et 30 mars . C'est énorme, c'est autant que le record d'abstention déjà battu aux municipales de 2008. Mais il y a plus grave pour le gouvernement, c'est que ce sont surtout des électeurs de gauche qui envisagent de faire la grève avec les pieds... Et encore, c'était un sondage de début janvier, c'était avant donc toute la série de couacs et cafouillages qui ont peut-être fini d'agacer les sympathisants de la gauche.

Des pans entiers de l'électorat du Président pourraient décrocher. Petit à petit, François Hollande est sans doute en train de se couper de toutes ses clientèles électorales .

Je ne reviens pas sur l'affaire Florange, qui avait constitué un premier divorce entre la gauche au pouvoir et les catégories populaires. Non, le fait nouveau, c'est le recul sur la loi famille : cette fois, ce sont les bobos, gros bastion électoral du PS, qui risquent de se fâcher de voir le gouvernement caler sur les réformes de société. Sans parler des fonctionnaires, qui craignent d'être les sacrifiés de la chasse au gaspi lancée par l'Elysée.

Je passe rapidement sur les Verts, qui désespèrent.

ref, les bobos, les prolos, les écolos, les fonctionnaires et tous ceux qui n'ont pas digéré leur feuille d'impôts, ça commence à faire beaucoup d'électeurs de gauche en colère. Sans compter que le gouvernement risque de perdre des plumes sur le terrain des valeurs.

Entre Christiane Taubira, qui est accusée d'avoir voulu muter un procureur, et la vie personnelle plutôt agitée du Président, certains pourraient finir par se dire qu'entre Sarkozy et Hollande, c'est même pratique, même combat !

Voici ce que disait Jean-François Copé hier des déçus de la gauche, sur RTL -ce qui n'est pas pour lui déplaire...

Alors quel est le risque pour le Président ? C'est celui d'une déculottée aussi importante que celle qu'avait subi François Mitterrand aux municipales de 1983. La comparaison est tentante : un président élu depuis deux ans et impopulaire. Mitterrand était sous la barre des 50%, selon le baromètre Sofres. Hollande, c'est pire encore, à 19%. En 1983 aussi, le « changement » promis se faisait attendre, l'économie patinait. Le résultat, c'est que la gauche avait perdu à l'époque à cause de la démobilisation de son propre camp. On saura donc dans 40 jours maintenant si l'histoire se répète et si François Hollande est poursuivi par la malédiction Mitterrand.
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