Un nouvel état d’esprit anime la majorité. La bienveillance a laissé place à une drôle d’ambiance…

Jusqu’ici, les Macronistes jouaient aux bisounours les uns avec les autres. Une façon de trancher avec les déchirements de l’ancien monde. 

Ils n’hésitaient pas à en rajouter. Parfois jusqu’à la mièvrerie. Quand par exemple Edouard Philippe offrait à Christophe Castaner alors ministre des relations avec le parlement, un coq, immédiatement rebaptisé « Doudou ». 

De son côté, Castaner assumait, lui, je cite, « la dimension amoureuse » de son rapport à Emmanuel Macron. 

Mais ça, c’était avant...

Désormais, ça balance pas mal à la République en Marche. 

La série noire des dernières semaines qui a connu son pic avec le vote des députés LREM contre l’allongement du congé pour deuil parental, fracture le camp présidentiel. 

Ce cafouillage à l’Assemblée est-il dû à un manque de sensibilité de Muriel Pénicaud ? « Oui, je crois », répond sans ciller l’un des dirigeants de la majorité. « Et je crois qu’elle ne voit toujours pas où est le problème », ajoute un parlementaire. 

Un membre du gouvernement peste : « Tout cela ne serait pas arrivé si une ministre n’en avait pas dézingué une autre ». Il vise sa collègue, Marlène Schiappa, accusée de vouloir tirer profit de la séquence. Bonjour l’ambiance ! 

Et si on leur demande de se prononcer sur l’attitude du président, lui qui a appelé ses troupes à faire preuve « d’humanité », presque tous baissent la tête. 

Une ministre se confie : « Je suis fidèle à l’esprit de départ d’en Marche, un esprit de solidarité, et cela m’agace quand le président s’en affranchit ». 

L’amour en Macronie ne durerait donc que trois ans...

Tout cela peut avoir des conséquences politiques 

Emmanuel Macron, président du « en même temps » est l’unique ciment de ses troupes. 

Le chef de l’Etat reçoit justement les parlementaires de la majorité demain soir. Et ceux-ci risquent d’être un peu moins bienveillants que d’ordinaire. Beaucoup se perdent en effet dans la stratégie présidentielle. 

La méthode employée pour la réforme des retraites n’a jusqu’ici pas porté ses fruits. Première alerte, en un mois le président a dévissé de 12 points chez les sympathisants LR, selon le baromètre du Figaro Magazine. 

Un député venu de la gauche s’inquiète, je cite : « En asséchant la droite, nous n’étions que deuxièmes aux européennes. On a intérêt à solidifier le socle présidentiel de premier tour plutôt que continuer à regarder vers un camp qui ne nous fait pas gagner ». 

Une ministre résume : « Nous sommes divisés comme nous ne l’avons jamais été ».  

Car derrière cette agitation, il y a bien entendu la crainte de 2022 qui peu à peu les saisit tous au ventre. 

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