Vendredi, Emmanuel Macron doit dévoiler, à l’occasion d’un déplacement, une plateforme et un numéro vert destinés à signaler les discriminations. Une annonce qui va faire du bruit. Cette proposition fait hurler les policiers, ils se sentent montrés du doigt.

Les numéros verts lancés par le gouvernement sont-ils efficaces ?
Les numéros verts lancés par le gouvernement sont-ils efficaces ? © Getty / Marko Geber

Accusés de faire des contrôles au faciès. C’est donc sensible, politiquement. En revanche, sur la forme, c’est du grand classique : la création d’un numéro vert.

Autrement dit, un numéro gratuit. Au bout du fil, un téléconseiller qui vous écoute, vous oriente. Ce pouvoir adore cet outil, il en a créé une quinzaine : par exemple, pour trouver son centre de vaccination, c’est le 0800 009 110.  Vous avez une question sur le Covid ? Là, il faut appeler le 0800 130 000. Notez, notez ! 

Il y a aussi une cellule d’aide psychologique, qui a ouvert, pour ceux qui dépriment. Une autre aussi pour les les jeunes sur le carreau. Une autre pour ceux qui vivent mal le télétravail, d’ailleurs je vais peut-être appeler. Ou encore un numéro si vous êtes témoins de violences familiales… 

A chaque problème, son numéro vert 

Il faut dire que ça marche, les gens appellent. Le conseiller d’un ministre m’a dit : "Cela rassure". Pour le gouvernement, c’est en tout cas une réponse rapide, visible à une angoisse. Elle répond à une évolution qu’a théorisée d’ailleurs Emmanuel Macron. 

Je le cite : "On est devenu une société victimaire et émotionnelle". Voilà ce qu’il disait à l’Express en décembre. Et il ajoutait : "nous assistons à une forme de primat de la victime".  

En gros, pour le président, même si on peut le regretter, toute souffrance nécessite d’être nommée, reconnue. C’est comme ça !

Mais est-ce qu'ils sont efficaces, ces numéros verts ?

C’est là que le bât blesse. Très souvent, vous tombez sur un téléconseiller, qui travaille dans un centre d’appel privé, sous contrat avec un ministère. Les pouvoirs publics délèguent. Ils n’ont pas la logistique. Tout cela a évidemment un coût, il faut payer ces entreprises.

Mais le principal problème, c’est que le téléconseiller a un pouvoir limité. J’ai appelé hier soir, pour faire un test, le numéro sur la vaccination. Une personne très sympa m’a dit m’a renvoyé sur le site Doctolib. Tout en me disant, de toute façon, c’est saturé… 

Bref, pour revenir aux discriminations, le succès de ces signalements dépendra surtout du fonctionnement du numéro vert : est-ce qu’on aura au bout du fil des juristes ou des téléconseillers qui récitent des fiches… Réponse vendredi !

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France