Il ne reste plus que quatre mois de mandat à François Hollande. Dans quel état d’esprit le Président aborde cette fin de quinquennat ?

François Hollande lors de ses derniers voeux présidentiels en Corrèze
François Hollande lors de ses derniers voeux présidentiels en Corrèze © AFP / MEHDI FEDOUACH

Par Marcelo Wesfreid

Vous avez sans doute vu les images de François Hollande ce week-end en Corrèze. Il a fait sa tournée d’adieux. Il est revenu sur les temps forts de sa carrière. Ses échecs face à Chirac. Ses victoires.

Partout, où il passe actuellement, il refait le film de sa vie. En fait, Hollande cherche sa place dans l’Histoire. Ça a toujours été sa grande obsession.

Et il le fait, c'est la nouveauté, avec grand sourire. Avec décontraction. Parce que de l’avis de tous, il est soulagé, François Hollande. C’est comme si sa décision de ne pas se représenter, de ne

pas avoir à servir de punching ball à ses rivaux, lui enlevait un énorme poids.

Regardez. Prenons les dernières semaines. Il a gracié totalement Jacqueline Sauvage, alors qu’il avait d’abord proposé il y a un an une grâce partielle. Il est aussi allé en Irak, à Mossoul. Près de la ligne de front. Il est allé sur le porte-avions Charles de Gaulle. Que des actes qu’il avait envisagé de faire avant. Sans jamais le faire. Maintenant il n’hésite plus. Il fonce. On va le voir bientôt en Colombie, au contact des Farc qui veulent la paix. Il est transformé.

La primaire de la gauche, il la suit de près. Très près. Mais il s’interdit d'intervenir. On sait juste qu’il est consterné par le retournement de Manuel Valls sur le 49-3, qu’il trouve le programme de Montebourg dépassé et celui de Benoît Hamon, digne d’un congrès du PS. Hollande se dit qu’on s’est peut-être moqué de lui un peu vite.

Alors, qu’est ce qu’il va faire dans quatre mois ? Ça ne va pas être facile parce qu'il fait partie de ces gens qui ne savent pas s'arrêter. Là, plusieurs pistes le tentent. De l’enseignement, de l’international, une fondation, un think tank. Une chose est sûre : il ne fera pas de conférence rémunérée. Et, il ne siègera pas non plus au Conseil Constitutionnel en tant qu’ancien Président.

Explication d’un proche : « Il ne veut pas être soumis au droit de réserve, qui s’impose à tous les sages du conseil constitutionnel. On ne sait jamais. S’il veut revenir dans la vie publique. » Bref, vous le voyez, en politique, on ne tourne jamais complètement la page.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.