C’est elle qui gère, pour l’instant sans trébucher, ce dossier explosif.

Par Marcelo Wesfreid

Jacqueline Gourault est l'une des deux seules ministres issues du Modem, on la connait peu, mais elle mérite pourtant qu’on s’y intéresse. Vous le disiez, elle a rencontré les nationalistes corses, après leur victoire. On s’attendait d’ailleurs à un dialogue de sourds. Et non, surprise : les nationalistes sont sortis ravis de la rencontre. Que ce soit Gilles Simeoni, le président de la nouvelle collectivité unique, ou l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, ils ont salué une attitude « constructive », « positive » ! En fait, c’est une histoire peu banale, celle de Jacqueline Gourault. Revenons un peu en arrière. On est en juin. François Bayrou est empêtré dans les affaires. Il doit quitter le gouvernement. Il demande alors à Macron de faire entrer à sa place celle qui est restée au Modem, quand il n’y avait plus personne, la fidèle entre les fidèles, 67 ans, sénatrice du Loir-et-Cher. Une amie qu’il a tous les jours au téléphone pour parler de politique, de rugby, de la famille.

Elle ne s’était pas préparé à rentrer au gouvernement, elle a été prise de court 

Pour la petite histoire, elle a à peine le temps de se changer. Elle se retrouve bombardée au gouvernement, avec un portefeuille d’ailleurs assez flou. Son titre, c’est ministre auprès du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Au début, elle cherche sa place. Elle commence par faire le tour de France pour calmer la colère des élus. C’est une élue de terrain. Et puis, Macron lui confie la mission à hauts risques dont on vient de parler. Elle devient la Madame Corse, même si c’est un titre qu’elle n’aime pas trop. Elle préfère se définir comme « la numéro 2 du ministre de l’Intérieur ». 

Pour rassurer les nationalistes, elle avait deux choses dans sa besace 

Elle leur a ouvert la porte de la réforme constitutionnelle. La possibilité d’adapter certaines règles, sur certains territoires. Ça, pour les nationalistes, c’est un verrou qui saute... Et puis, elle a accepté d’étudier l’une de leurs revendications historiques : à savoir, que les prisonniers corses puissent purger leur peine sur l’île.  Ces prochains jours, Jacqueline Gourault va continuer à déminer le terrain. Car Emmanuel Macron se rend sur l’île, le 6 février, pour les 20 ans de la mort du préfet Erignac. Et si elle a un peu de temps, elle ira en fin de semaine à Pau, pour assister aux vœux de François Bayrou. En politique, la fidélité, c’est souvent payant.  

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