Une réunion se tiendra ce soir du bureau politique de l’UMP, cruciale pour l’avenir du parti et celui de Nicolas Sarkozy. Etpour François Hollande, c’est enfin une bonne nouvelle !

l'ump joue son avenir, avec sarkozy en coulisses
l'ump joue son avenir, avec sarkozy en coulisses © reuters

En tout cas, c’est ce que pensent le Président et son cercle rapproché. Pour Michel Sapin par exemple, le ministre des Finances, la gauche doit se garder de critiquer le retour de Nicolas Sarkozy et de crier « au secours Sarko revient ». Au contraire, pour ce ministre hollandais, c’est une bonne nouvelle. Et pour plusieurs raisons.

L’ancien Président est une cible de choix parce qu’il est toujours très clivant. S'il est plébiscité à droite, les sondages montrent qu'il demeure tout autant un repoussoir pour les sympathisants de gauche.

Nicolas Sarkozy s’apprête aussi à entrer plus vite que prévu dans le chaudron de la politique et donc court le risque de s’abîmer. François Hollande le sait et ne lui passe rien. Ecoutez, c’était juste après la tribune de son prédécesseur dénonçant avec vigueur les écoutes téléphoniques dont il est l’objet. C’était le 20 mars :

« Laisser penser que notre pays, notre république, puisse ne pas être fondée sur les libertés, c’est introduire un doute qui n’a pas sa place et toute comparaison avec des dictatures est forcément insupportable »

L’autre avantage pour François Hollande, c’est que Nicolas Sarkozy ne manque pas de concurrents dans son propre camp.

François Hollande doit certes affronter une contestation interne et même l'idée d'une candidature de substitution qui a déjà commencé à germer pour 2017. Mais il a un avantage considérable qu’il ne manquera pas de pousser au moment venu: il est le Président sortant, ce qui lui confère une sorte d'immunité dans son propre camp. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose : il en a profité en 2012. Sauf qu’aujourd’hui, il ne bénéficie plus de cet atout. Et même s'il arrive à remettre la main sur l'UMP au prochain congrès, il va se retrouver face à un tir de barrage des autres prétendants à l’Elysée. Et en premier lieu : François Fillon et Alain Juppé. Nicolas Sarkozy pense qu'il arrivera à les mater et à s’exonérer des primaires. La Sarkozie plastronne. La Hollandie parie en revanche qu’il ne parviendra pas à unifier son camp. Pour un ami du président, Sarkozy est, je cite, « une machine à exciter les égos ».

Et puis il y a les affaires. Si François Hollande a dû gérer la catastrophique affaire Cahuzac, lui-même n’est impliqué directement dans aucune affaire politico-financière. Ce qui n’est pas le cas de son prédécesseur. Et il ne fait pas de doute qu’il exploitera cette faiblesse.

Bref, François Hollande pourrait reprendre à son compte un adage que, ironie de l’histoire, Nicolas Sarkozy affectionne également : « quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console ». A tout prendre : il préfère un adversaire qu’il connaît par cœur plutôt qu’un vieux sage type Juppé qui pourrait alimenter son procès en amateurisme ou alors un quadragénaire qui incarnerait le renouveau de la politique et donc le rangerait dans les « has been », type Bruno Le Maire ou même Xavier Bertrand. L’homme inattendu. Ca vous rappelle peut-être quelqu’un ? Gagné, c’est le pendant à droite de François Hollande et donc, si l’on en croit la trajectoire du socialiste, un rival de taille.

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