On a appris ces derniers jours qu’Eric Zemmour, le journaliste et Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, réfléchissaient à une « plateforme d’idées pour la droite », Zemmour pouvant même être candidat à la prochaine élection présidentielle. Faut-il prendre cette hypothèse au sérieux ?

Eric Zemmour
Eric Zemmour © Getty / Alain DENANTES

J'ai vu ça dans Le Point et j’avoue qu’à priori cette nouvelle pourrait prêter à rire… enfin à rire jaune. Car voir Zemmour, le polémiste de plateau-télé habitué aux saillies racistes, islamophobes ou sexistes et condamné à plusieurs reprises – il faut le rappeler – pour « provocation à la haine », candidat, a quelque chose de surréaliste, presque grotesque…

Et pourtant il faut prendre l’information au sérieux. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il semble bien que Zemmour soit désormais tenté de se lancer dans le jeu politique… Il aurait même hésité à figurer sur la liste du Rassemblement national aux dernières européennes.

On connaît aussi sa proximité de très longue date avec le maurassien Patrick Buisson, lequel se cherche, depuis la rupture avec Sarkozy, un porte-voix à ses sombres idées… Zemmour, fort de ces indéniables succès de librairie, pourrait donc être celui-là…

Enfin ils sont convaincus que le contexte politique actuel est extrêmement favorable.

Pour eux, le rassemblement national seul n’arrivera jamais au pouvoir. Au passage Zemmour et Marine Le Pen se vouent une solide inimitié.

Mais c’est surtout les résultats des européennes qui les confortent dans leur stratégie. L’explosion de la droite classique les renforce dans l’idée qu’il existe un espace pour une droite nationaliste, anti-européenne et qui serait le chantre du combat contre l’immigration. Une droite rassemblant pèle-mêle les amis de Wauqiez, Guaino, Dupont-Aignan, Philippot, etc…

Un deuxième parti d’extrême-droite en quelque sorte ?

Sauf qu’ils lorgnent aussi sur les terres Insoumises de Mélenchon. Et là aussi, ils considèrent que le contexte est favorable… Alors que les Insoumis sont en train de s’opposer sur les deux lignes : populiste et union des gauches, Zemmour et Buisson sont convaincus qu’ils peuvent drainer vers eux les adeptes de la première… Pour faire court cet électorat Gilet jaune que Mélenchon n’a pas su capter.

Au final c’est un rassemblement des populistes, nationalistes, souverainistes – vous les appelez comme vous voulez –, en dehors des partis politiques, dont rêve Zemmour.

Et l’hypothèse semble crédible ?

Tout d’abord cette fédération des souverainistes de gauche et de droite n’est pas nouvelle. Marine Le Pen en rêve mais ne semble pas, pour l’instant en mesure de la réaliser…

Ensuite dans le jeu politique imprévisible et irrationnel que nous observons aujourd’hui même les hypothèses les plus invraisemblables peuvent prendre du crédit. On aurait donc aujourd’hui tort de négliger celle de Zemmour…

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