Par Nathalie Schuck

Un an après la tribune « Bas les pattes », les abus sont toujours de mise.

Le sexisme en politique a la peau dure, on l'a vu hier avec vos révélations sur Denis Baupin. Quand on pense qu'on va fêter ce week-end les 5 ans de l'arrestation de DSK à New York, ça fiche le bourdon! On est en 2016, et on compte toujours au gouvernement un ministre dont tout le monde dans l'exécutif sait qu'il a un problème avec les femmes et la main baladeuse. Mais bon, un démenti sur une histoire de culotte, et pschitt, on n'en parle plus !

Le même ministre qui s'amusait à faire des blagues graveleuses en OFF sur la courbe du chômage qu'il faut « renverser » en lui donnant « le dernier coup de rein ». Classe. Et il y a ces députés qui, chaque fois qu'il vous croisent, commentent, le regard braqué sur vos courbes, la couleur de vos tenues ou la hauteur de vos escarpins.

La politique reste un monde de mecs. Prenez l'Assemblée nationale, 426 hommes, 148 femmes, 25% seulement. Pareil au gouvernement : sur les gros ministères, parité respectée. Mais quand on regarde dans le détail, ça fait « mâle ». Le Quai d'Orsay, que des hommes !

François Hollande avait promis le job à Ségolène Royal, mais ses copains, dont Michel Sapin, l'ont alerté : tu ne vas quand même pas mettre ton ex-femme ! Les ministères régaliens, eux, sentent la testostérone. Quant au ministère des Affaires sociales, là... que des femmes ! Prenez, enfin, la primaire à droite, 12 candidats dont seulement 2 femmes, NKM et Nadine Morano, pas sûres de pouvoir se présenter parce qu'il faut 20 parrainages d'élus du Parlement qui, pas de chance, est trusté par des hommes.

Et les femmes, elles, ont toutes subit toutes une mauvaise expérience ou un surnom désobligeant. Ségolène Royal en 2007, c'était « la gourde ». NKM, c'est « l'emmerdeuse ». Myriam El Khomri, « l'incompétente ». Le président lui-même a eu un adjectif malheureux après son malaise en parlant « d'accident domestique ». Marisol Touraine, elle, c'est « la bourge » parce qu'elle a la mauvaise idée d'être coquette dans un monde où la moindre jupe provoque des gloussements.

Même Marine Le Pen y a droit, avec Nicolas Sarkozy qui la traite en off de « déménageur » et ajoute, l'air dégoûté : « ça vous fait envie, vous ? » Nadine Morano, enfin, m'a raconté qu'elle a renoncé aux jupes le temps de la primaire. Elle a acheté trois tailleurs pantalons. Elle appelle ça son « uniforme ». Elle ne veut pas de commentaires à la « Basic Instinct » si on la surprend en train de décroiser les jambes. Moi je dis : vite, on vote Hillary !

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.