C'est la paranoïa la plus totale entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : ils sont tous les deux convaincus que leurs ennuis viennent de l'autre.

Entre eux, la guerre est de nouveau déclarée. Vous vous souvenez de leur lune de miel à Soweto pour les obsèques de Nelson Mandela ? Hollande, Sarkozy, bras dessus bras dessous, copains comme tout. C'est terminé ! Le match retour pour la présidentielle de 2017 a bel et bien commencé . Tout ça dans un climat de paranoïa aiguë qu'on avait rarement vu. Au PS comme à l'UMP, on voit des complots, des coups montés, des chasses à l'homme, des manipulations, des cabinets noirs partout ! Au risque, évidemment, de sombrer dans les fantasmes les plus fous.

Nicolas Sarkozy, par exemple, est persuadé qu'on veut l'abattre. « Le moins qu'on puisse dire, c'est que tout aura été mis en œuvre pour m'étudier dans les moindres détails ! » Voilà ce qu'il dit, Nicolas Sarkozy. Il est persuadé que la main de François Hollande est derrière tous ses ennuis, derrière notamment les grandes oreilles qui surveillent toutes ses conversations téléphoniques depuis un an. Ce week-end, son attachée de presse a même posté sur Twitter un article intitulé « Le président des écoutes », qui accusait quasiment François Hollande d'avoir branché lui-même le portable de son prédécesseur.

Je sais que le président est fort bien équipé avec sa fameuse « boîte à outils », mais il ne faut peut-être pas pousser. Je vous propose d'écouter ce que disait Henri Guaino des affaires, hier sur France Inter :

Acharnement, le mot est lâché !

Alors question parano, il faut dire que François Hollande et ses proches ne sont pas mal non plus, dans le registre ... Prenez l'affaire Julie Gayet, qui a éclaté au mois de janvier. Certains amis du chef de l'Etat ont pensé à l'époque qu'il pouvait s'agir d'un coup monté par les réseaux sarkozystes policiers. Ils auraient pu, selon eux, tuyauter quelques paparazzis sur la désormais célèbre rue du Cirque, où le Président se faisait déposer en casque et en scooter.

Mais pour vous, dans les deux cas, la théorie du complot ne tient pas la route. Je sais qu'en France on adore voir des coups montés partout, et je ne vous dis pas que le PS et l'UMP ne se balancent pas des peaux de banane de temps en temps. Mais, soyons sérieux un petit instant : Julie Gayet n'est pas Mata Hari, on aura quand même du mal à accuser Nicolas Sarkozy de l'avoir poussée dans les bras de François Hollande.

De la même façon, on a du mal à imaginer le Président passer ses nuits à monter des coups tordus contre Sarkozy. Tout simplement parce qu'il a plutôt intérêt à son retour : il est persuadé qu'il peut le battre une deuxième fois. Enfin, on ne pas passer son temps, comme l'UMP, à accuser le Chef de l'Etat d'être un jour le dernier des amateurs, et le considérer le lendemain comme le plus grand des manipulateurs. Il faut être un peu cohérent, à la fin.

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