Les élections départementales arrivent à grand pas et le gouvernement a modifié le mode de scrutin. Or ce qui devait l’aider risque bien de le plomber.

la réforme des scrutins locaux adoptée
la réforme des scrutins locaux adoptée © reuters

Une fois de plus, « tel est pris qui croyait prendre ». En fixant à 12.5% le seuil des électeurs inscrits nécessaire pour passer la barre du 1er tour – contre 10% jusque là- le gouvernement pensait freiner la poussée des petits partis, notamment de gauche, mais aussi du Front national. Si les sondages disent juste – ce qui est fort probable-, c’est tout l’inverse qui devrait se produire : les candidats socialistes pourraient être disqualifiés au soir du 22 mars dans un grand nombre de cantons !

Sans compter qu’en imposant un binôme mixte dans chaque canton, il espérait aussi limiter le nombre de candidatures de ses adversaires. Là aussi effet raté : le Front national a réussi le tour de force d’être davantage présent que le PS ou l’UMP. Bref, l’effet boomerang risque de jouer à fond. Une nouvelle fois!

Parce qu’il est déjà arrivé en politique et que des modifications se retournent contre leurs auteurs.

C’est au contraire un classique. Notre histoire récente en regorge. Ce fut le cas par exemple pour les élections régionales de 2004 : la droite avait modifié le mode de scrutin en espérant limiter les dégâts. On connaît le résultat : ce fut un tsunami de gauche qui avait remporté 24 régions sur 26.

Idem quand il s’agit du redécoupage des circonscriptions législatives : il est obligatoire tous les deux recensements de population, mais à chaque fois, il donne lieu à un tripatouillage, un charcutage qui ne porte pas chance au camp qui l’a mis en œuvre. Le dernier redécoupage fut réalisé sous Nicolas Sarkozy en 2009. Il n’a pas empêché le PS d’obtenir seul la majorité absolue à l’Assemblée en 2012. Contrairement à ce qui était recherché.

Quand Lionel Jospin fit voter en 2001 l’inversion du calendrier électoral pour organiser les législatives après la présidentielle, c’était notamment pour éviter un revers qui l’aurait empêché ensuite de convoiter l’Elysée. Là aussi, on connaît la suite : il fut évincé dès le premier tour de la présidentielle.

Pourquoi donc nos dirigeants persistent-ils à y toucher alors que cela leur retombe dessus ?

C’est toute la question et franchement, je ne suis pas certain qu’il y ait des explications probantes si ce n’est de l’inconscience ou de l’arrogance. D’une part parce qu’ils ne tirent pas de leçons de l’expérience et d’autre part -c’est lié à la première raison : ils sont convaincus qu’on n’y verra que du feu et qu’ils sont, contrairement à leurs prédécesseurs, immunisés contre l’échec.

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