(Reportage de Renaud Dély)

Le doute s’est installé à l’Élysée : François Hollande ne serait pas forcément candidat à la présidentielle de 2017…

C’est la petite musique qui court dans les allées du pouvoir depuis trois semaines. Et si, finalement, François Hollande n’était pas candidat à sa réélection l’année prochaine ? Étonnant ? Si l’on réfléchit bien… non, cela n’a rien d’étonnant. C’est vrai, quand on est à 15 % de popularité dans les sondages , qu’on est lâché par la gauche, accablé par la droite, moqué par tous, et que rien ne marche comme prévu, pas même cette fichue courbe du chômage qui refuse obstinément de se retourner, on se demande bien pourquoi on serait candidat à un second mandat.

Sauf que l’on est en France, que sous la Ve République tous les présidents sortants ont tenté leur chance une deuxième fois, que les politiques sont obsédés par la conquête de l’Élysée et que le plus gros obsédé de tous, c’est, justement, François Hollande. C’est en tous cas la réputation qu’il traîne, celle d’être un sacré obsédé… de l’Élysée.

Mais pourtant, d'après la rumeur, il commence à flancher. Récemment, il a eu un petit coup de mou. Le Président se lasse un peu d’être dépeint en éternel calculateur cynique, uniquement préoccupé par son sort électoral. Et il est blessé d’être caricaturé en traître à la gauche par une frange croissante de socialistes, même parmi ses proches.

François Hollande
François Hollande © Reuters / Philippe Wojaser

Alors François Hollande a commencé à distiller de ci-delà, à ses derniers fidèles, que son impopularité ne l’inquiète guère. Que ses réformes, si douloureuses, si impopulaires, comme la loi El Khomri, ne porteront leurs fruits que bien après 2017, mais qu’il s’en moque car il ne travaillerait plus que pour l’Histoire, pas pour la présidentielle de l’année prochaine… Évidemment, il n’en a pas fallu davantage pour que la rumeur de son désistement se répande aussitôt.

Et des candidats de substitution se profilent déjà, car la nature politique a horreur du vide. Il y en a donc déjà un qui veut occuper tout l’espace : Manuel Valls, évidemment. Le Premier ministre veut être prêt à la fin de l’année, au cas où… Donc, ses fidèles s’organisent. Ils vont semer dans les semaines à venir ce qu’ils appellent des « petits cailloux » pour rendre Valls incontournable. Leur scénario est écrit. Lors de ses voeux du 31 décembre prochain, Hollande annonce qu’il n’est pas candidat et hop, Valls jaillit pour le remplacer aussitôt. Mais cette perspective fait frémir de nombreux socialistes. À commencer par Martine Aubry qui déteste Hollande, c’est connu, mais sans doute plus encore Valls, c’est peu dire ! Si la maire de Lille est sortie du bois aussi violemment contre la loi El Khomri, c’est donc « pour tuer Manuel » résume un frondeur. Avec le rêve secret que, derrière le retrait de la loi El Khomri, un autre mot d’ordre mobilise les manifestants des semaines à venir : le licenciement de Manuel Valls de Matignon.

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