François Bayrou a été nommé haut-commissaire au plan il y a six mois. Depuis, il essaie de peser dans le débat public, mais ce n’est pas simple

François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan
François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan © AFP / Martin Bureau

Il vient d’ailleurs de se prendre une série de refus, humiliants, de la part du gouvernement. François Bayrou défendait le vote par correspondance et par internet. C’est non. Il voulait un plan de relance doté de 250 milliards d’euros en plus. C’est non, a dit le ministre de l’Economie Bruno le Maire. 

Il veut la proportionnelle aux prochaines législatives. Et là encore, c’est non. Enfin, c’est bientôt non. La République en marche demande des consultations, bref joue la montre. Et ce, malgré la promesse d’Emmanuel Macron d’introduire une dose de proportionnelle…

C’est comme si François Bayrou était moins influent. Au début du quinquennat, c’était pourtant le roi du pétrole. Son ralliement à Macron avait fait basculer l’élection de 2017. En échange, il avait obtenu trois ministres et une quarantaine de députés. Lui-même avait été nommé garde des sceaux.  

Que s’est-il passé ensuite ?

François Bayrou a été mis en examen dans l’affaire des assistants parlementaires au parlement européen. Il a quitté le gouvernement. Et puis surtout, on est à un an de la présidentielle.  

Ce qui inquiète Emmanuel Macron c’est de dégager la voie à droite ; c’est de convaincre la gauche de voter pour lui au second tour en cas de duel face à Marine Le Pen. Ce n’est plus une candidature Bayrou.

Alors, Macron le consulte, l’invite à tous les dîners politiques de l’Elysée. Mais il ne lui fait plus de cadeau. A part ce joli poste de haut-commissaire au plan, qui permet au patron du Modem d’intervenir dans le débat public sur des dossiers de fond comme la dette. 

Comment réagit Bayrou à cette situation ?

En apparence, tout va bien. François Bayrou se montre loyal. Il demande à ses troupes de faire l’unité aux régionales. D’aller dans les listes de la majorité présidentielle. Ce qui n’est pas évident.

Mais en interne, c’est une autre histoire. Il y a un mois François Bayrou a dit en bureau exécutif du Modem que si ses propositions étaient écartées systématiquement, il reprendrait sa « liberté ». Ce qui sous-entend qu’il pourrait s’éloigner de Macron. Un député m’a dit hier, il pourrait soutenir par exemple un Edouard Philippe ou un Xavier Bertrand.

Est-ce le signe d’une exaspération, d’un ras-le-bol ? Ou est-ce que c’est une simple menace pour revenir dans le jeu ? En tout cas, Emmanuel Macron aurait tort de ne pas se méfier du grognard Bayrou. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France