Par Jonathan Bouchet-Petersen, du quotidien Libération

Dominique Reynié mène la liste Les Républicains dans la région Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées. Il est l'homme qui a tenu tête ces derniers jours à Nicolas Sarkozy en modifiant sa liste dans l’Hérault contre l'avis des présidents de LR et de l’UDI.

Dominique Reynié et Nicolas Sarkozy en meeting à Perpignant, avant l'affaire de la liste
Dominique Reynié et Nicolas Sarkozy en meeting à Perpignant, avant l'affaire de la liste © ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Un affront, même si l’initiative semble plutôt à son honneur puisqu’il a sorti deux candidats - un LR et un UDI - imposés par Paris, mais dont il jugeait le pédigré peu vertueux…

Pas habitué à pareil comportement à l'égard de leur chef, les proches de Sarkozy jugent au choix Reynié « couillu », « naïf » ou carrément « tordu » pour ceux qu’il agace le plus.

Mais revenons un peu en arrière pour ceux qui ont loupé le début du feuilleton: Dominique Reynié, on le connaissait comme patron de la Fondapol, un think-tank proche de l’UMP, habitué des plateaux avec notamment son rond de serviette à « C dans l’air ».

Quand, il y a environ un an, le politologue se pique de s’engager en politique, un ami commun lui organise un petit déjeuner avec le fidèle sarkozyste Brice Hortefeux.

Et déjà à l’époque, Reynié avait démontré un certain culot : alors qu’Hortefeux pense avoir face à lui un simple aspirant conseiller régional, dont il commence par tempérer les ardeurs, il réalise au fil de la conversation, estomaqué, que le néophyte vise rien de moins que la tête de liste régionale. Ce qu’il a fini par obtenir. __

En imposant ses listes au forceps, façon Sarkozy, Reynié a-t-il marqué des points ? Ce qui est sûr, c’est qu’il a mis en colère Sarkozy même si publiquement l'ex-chef de l'Etat n'en a pas rajouté.

Quant à d'éventuelles sanctions pour défaut de loyauté, elles attendront l'après régionales. Mais pour les législatives de 2017, par exemple, Reynié risque désormais d’avoir du mal à obtenir une investiture même si samedi, lors du conseil national de LR, il a réussi à se faire ovationner par une salle sarkozyste quand il a affirmé qu’il allait remporter sa bataille régionale.

Pourtant, cette hypothèse semble peu probable. Au second tour, sur ces terres de gauche, Reynié est pour l’instant donné dix points derrière la socialiste Carole Delga et au coude à coude avec le FN Louis Alliot.

Le Parisien aux attaches familiales et à l’accent aveyronnais bien réels - qui a sauté en parachute fin septembre pour répondre aux accusations pas infondées de parachutage - voit même son éligibilité contestée pour des questions de domiciliation...

Le préfet doit statuer d’un jour à l’autre et je peux vous dire qu’à gauche, on espère bien garder Reynié comme adversaire. Et on croise les doigts pour que le préfet, ce qui est le plus probable, valide la liste.

Autrement dit, qu’il s’en remette à de possibles recours après le scrutin.

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