Si l’élection de Trump a stupéfait la plupart des responsables politiques français, au Front National c’est que du bonheur !

Marine Le Pen
Marine Le Pen © Getty / Chesnot

Et figurez-vous qu’hier soir, j’étais où ? Justement chez Jean-Marie Le Pen, dans son hôtel particulier de Montretout, à Saint-Cloud ! Alors pour être franc, quand on arrive, c’est pas vraiment la fiesta. On est accueilli par les aboiements de deux gros chiens noirs, il pleut, il fait froid, mais bon, à peine arrivé dans son bureau, au premier étage, Le Pen, ravi, vous accueille avec un grand sourire. « Ce soir, j’en connais qui vont manger leur chapeau », rigole le vieil homme. A 88 ans, il est tout ragaillardi de voir les médias, les sondeurs, bref, tout ce qu’il appelle « l’établissement » une fois de plus désavoués. Pour autant, quand on lui demande si après le Brexit et l’élection de Trump, Marine Le Pen va gagner en 2017, il vous lance un gros « bof… ».

Jean-Marie Le Pen ne croit pas vraiment à la victoire de sa fille. Car pour quelle soit élue, il balance qu’« il faudrait qu’elle commence par refaire l’union du Front National.» Il l’a toujours mauvaise contre sa fille qui l’a viré du FN. Mais du côté de Marine Le Pen, évidemment, c’est carrément l’euphorie ! Hier, elle a tweeté ses félicitations à Trump avant même qu’il ne soit élu. Et la patronne du FN comme ses principaux lieutenants se sont relayés pour expliquer que c’était sûr, l’élection de Trump annonçait la victoire prochaine de leur championne….

Et au FN, il y en a un qui est encore plus supporter de Trump que les autres : c’est le toujours subtil Robert Ménard, lui qui fait rarement dans le détail. En attendant un jumelage entre Washington et sa bonne ville de Béziers, qu’est-ce-qu’il a fait Robert Ménard ? Il a sorti son beau papier à en tête, et s’est fendu d’une lettre pour inviter très officiellement le nouveau Président des Etats-Unis dans sa ville.

Bon, on n’est pas vraiment sûr que Trump sache où c’est ni qu’il ait une furieuse envie de Béziers, enfin d’aller à Béziers... En fait, la lettre de Ménard, elle illustre le véritable objectif du FN, c’est celui d’intégrer ce qu’ils appellent le « système ».

« Vous imaginez un G8 en 2018 avec Donald Trump, Vladimir Poutine et Marine Le Pen », me soufflait hier un proche de la patronne du FN. Hé oui, on imagine assez bien, et ça fait carrément rêver, non ?

L'équipe
  • Renaud DélyJournaliste à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur
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