Jusqu’où peut aller le gouvernement dans le confinement ? Même si le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé ce week-end une "forme de ralentissement de la progression de l’épidémie", il n’est pas question pour le moment de desserrer l’étau autour des Français.

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Gyori AntoineCorbis

Le renforcement récent du protocole sanitaire dans les lycées en est la preuve. D’ailleurs pas un jour ne se passe sans que fleurisse une nouvelle idée de disposition contraignante. 

Et si on fermait les cantines dans les écoles et les restaurants dans les entreprises ? C’est une proposition du docteur Jean-Paul Hamon. 

Et si on contrôlait les personnes positives à la Covid-19 et les cas contact pour vérifier qu’ils respectent bien leur quarantaine, avec une amende de 10 000 euros si ce n’est pas le cas ? C’est l’idée avancée par quelques députés de la majorité.

Que dit le gouvernement ? 

Au moment où je vous parle, mais cela peut varier très vite, un nouveau point d’étape est d’ailleurs prévu à la fin de la semaine, l’idée est plutôt de répondre non à tout. Non à ceux qui veulent moins de restrictions. Non aussi à ceux qui en réclament plus. 

Dimanche, OIivier Véran a rappelé que la philosophie du gouvernement, c’est plutôt "la responsabilisation et la confiance"

Ce qu’un ministre m’a résumé autrement : "Il ne faut surtout pas engueuler les Français". 

Emmanuel Macron prend bien garde à ne pas réveiller ceux qu’il a un jour appelés "les gaulois réfractaires". 

Il compatit avec les plus jeunes, tant il est dur, selon lui, d’avoir 20 ans en 2020. Il ménage aussi les plus âgés. L’exécutif a laissé fuiter la possibilité d’un confinement les concernant pour mieux le démentir ensuite. Une façon d’envoyer un message d’alerte aux plus fragiles sans pour autant les stigmatiser.

En résumé, le gouvernement marche sur la pointe des pieds…

Oui, pour le moment, son seul levier pour obtenir l’assentiment des Français demeure la peur. Un sentiment très ambivalent qui peut mener, dans le pire des cas, au rejet de toutes les mesures. 

On ne cesse de le répéter, l’exécutif chemine au bord de l’abîme. Attentif au moindre soubresaut. 

Le 15 octobre, la majorité s’est inquiétée en entendant l’acteur Fabrice Luchini s’en prendre à un gouvernement dont "on ne comprend pas ce qu’il fait". Changement de ton avant-hier. 

Sur France 2, le comédien a fait son mea culpa assurant avoir eu "un coup d’humeur inadapté". 

Mais que dira le même dans un mois ? 

L’humeur si changeante des Français, voilà un baromètre bien fragile pour naviguer dans cette crise. 

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