Dans le marasme politique de cet été et de la rentrée, Edouard Philippe était présenté comme le grand gagnant alors qu’Emmanuel Macron dégringolait dans les sondages. Mais aujourd’hui, le Premier Ministre semble affaibli.

Le remaniement ministériel ne se passe pas comme Édouard Philippe l’aurait souhaité. Le Premier Ministre a, certes, obtenu que le remaniement ne porte pas seulement sur le remplacement de Gérard Collomb à la Place Beauvau mais soit plus large, avec non pas un mais plusieurs ministres qui sortent. Mais, le retard pris par ce remaniement- il aurait dû être annoncé hier- montre qu’il y a, qu’il y a eu des désaccords entre Philippe et le président de la République, décidément maître des horloges, et que c’est ce dernier, sans surprise, qui a eu le dernier mot.  
Le premier élément révélateur de cette reprise en main élyséenne sur Matignon, c’est  le refus d'Emmanuel Macron de passer par une démission du Premier Ministre et par un vote de confiance au Parlement. 

Pour le Château, il n’y a pas de crise politique donc il est hors de question de dramatiser ce « remaniement ». Et pas question aussi et surtout de « philippiser » cette séquence dont le Premier ministre, assuré d’obtenir la confiance des députés En Marche et du Modem, ne pouvait sortir que grandi. 

Emmanuel Macron a passé la journée d’hier à faire comme si de rien n’était. Il déjeunait avec le président ouzbek, il rencontrait « la French tech » de la capitale.  Histoire de montrer que la France était gouvernée mais surtout « présidée ».  
Autre pomme de discorde dans le couple exécutif : Philippe qui aurait voulu promouvoir ou faire entrer plusieurs personnalités de droite se serait heurté à un refus de Macron et de ses troupes. « Quelques unes d’accord mais pas plusieurs », aurait fait comprendre l’Elysée, soucieux de muscler cette fameuse jambe « gauche » chère à la macronie des promesses électorales. 

Alors va-t-on vers la fin de l’idylle assez inédite entre le président et son Premier Ministre ? Pour le moment, Macron sait qu’il a encore besoin de Philippe et de sa caution de centre droit.  Philippe, lui, reste loyal. Mais comme me confiait un élu En Marche : « En déstabilisant son premier ministre, Macron se fragiliserait lui-aussi. Alors pourvu que Philippe ne craque pas »…

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