La semaine des fausses informations, des fariboles, des coquecigrues et des calembredaines… C’était féérique, une source magique et inépuisable de n’importe quoi.

Ségolène Royal
Ségolène Royal © AFP / Eric Piermont

Tout a commencé vendredi dernier par une interview sur BFMTV et RMC où l’ancienne finaliste de la présidentielle a assuré tout de go que : 

Vous vous rendez-compte qu’aujourd’hui plus d’une femme sur dix est touchée par le cancer du sein ? C’est dû à quoi cela ? C’est dû aux pesticides. 

Une explication scientifiquement fantaisiste, car si l’on connaît des causes du cancer du sein (l'alcool, le tabagisme, la génétique), les pesticides n’y figurent pas pour l’instant. Ségolène Royal a été vite contredite par des scientifiques, comme Axel Kahn, président de la fédération de la ligue du cancer, qui a d’ailleurs cité dans son tweet un article explicatif de Géraldine Woessner, du Point

Mais Ségolène Royal ne s’est pas arrêtée là... Lundi, sur cette antenne, notre spécialiste auto-proclamée de la santé a été légitimement poussée dans ses retranchements par Léa Salamé et a finit par bredouiller un "C'était un peu résumé". Oui, plutôt pas mal résumé. Tout ça pour en rajouter immédiatement une couche sur les cancers de "l'appareil génital" (selon ses mots) chez les agriculteurs. Son propos n'était pas étayé ou en tous cas très approximatif : les agriculteurs ont, d'après l'étude Agrican, plutôt moins de cancers que la population globale... et si sur certains cancers spécifiques, s'il y a une forte prévalence, les chiffres ne sont du tout ceux qu'elle a donnés et aucune causalité n'a été établie. Donc Royal re-recadrée... Mais jamais deux sans trois : le professeur Royal a recommencé hier soir avec un retweet d'un article du Monde concernant effectivement des cancers liés à un insecticide et en y ajoutant un commentaire vengeur sur "ceux qui ne veulent pas reconnaître  qu'ils n'ont rien vu"

En attendant, il y a ceux, surtout, qui ne veulent pas lire... comme elle, car si elle avait lu l'article, elle aurait vu qu'il s’agissait en l'occurence du DDT, interdit en France depuis 1971, soit 48 ans. Caramba ! Encore raté. 

Conclusion : répandre la panique dans le but d'assurer sa promotion personnelle nuit gravement à la politique. A sa décharge, elle n'est pas la seule... mais quand même : plus l’écologie et la santé donc la science entrent dans le débat politique, plus il y aura une prime au candidat qui travaille un peu plus - enfin, faut-il l'espérer.

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