Thomas Thévenoud est en train de faire plus de mal à la majorité que le livre de Valérie Trierweiler

Thomas Thévenoud
Thomas Thévenoud © Christophe Morin / IP3 / Christophe Morin / IP3

Vous le savez bien, les hommes politiques ont une fâcheuse tendance à faire des promesses mirobolantes. François Hollande avait promis la République exemplaire, et il a récolté Jérôme Cahuzac, les confessions publiques de Valérie Trierweiler, et un inconnu nommé Thomas Thévenoud.

Et c’est ce Thévenoud beaucoup plus que Valérie Trierweiler, qui abîme aujourd’hui la majorité. L’ex-première dame utilise la vie publique pour régler un compte privé, on peut trouver ça pathétique tout en faisant la part des choses. Le jeune espoir du gouvernement raconte une autre histoire. Ce procureur de l’évasion fiscale, ce pourfendeur de l’égoïsme néolibéral n’a cessé de distribuer les bons points, mais il estime qu’il n’a commis qu’une « négligence » en ne payant pas ses impôts.

Ce sentiment d’impunité touche le cœur du message politique d’Hollande

Le Président tente depuis deux ans de faire de l’impôt un acte citoyen et le levier de sa lutte contre les déficits. Pire, ce signal désinvolte arrive à un très mauvais moment, quand l’Etat a de plus en plus de mal à lever l’impôt. On comprend qu’il ait été « viré » du gouvernement et du PS sans autre forme de procès.

Le plus étonnant est que Thévenoud n’ait rien vu venir. Avant l’été, il s’étonnait de la naïveté de ceux qui ont été à l’origine de l’affaire Bygmalion, c’était sur le plateau de La Chaîne Parlementaire :

C’est un bel effet boomerang !

L’opposition aussi a du fil à retordre, avec l’affaire Bygmalion

L’UMP aurait tort de se réjouir. Vous vous souvenez de Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, ce jeune loup prometteur, ce Thomas Thévenoud du copéisme en marche, qui dénonçait plein d’autorité les tricheries de François Fillon pendant la crise de l’UMP ?

L’incroyable légèreté de Thévenoud n’est que peu de chose quand on la compare aux confessions de Lavrilleux, qui se trouve, de son propre aveu, au centre de l’affaire Bygmalion, laquelle implique l’ensemble de l’UMP. Or pour le moment, Lavrilleux, qui a placé un recours, n’est toujours pas exclu de son parti

Certes, il faut respecter la présomption d’innocence. Pour le moment, l’enquête judiciaire en est aux préliminaires. Lavrilleux n’a pas été mis en examen, et encore moins condamné. Mais sa confession fleuve a précipité son parti au bord de la banqueroute. Il y a dix jours, on apprenait qu’il menaçait de faire de nouvelles révélations s’il devait être exclu. On attend avec impatience l’avis de la commission qui doit statuer sur son recours.

Pour le moment ni Thévenoud ni Lavrilleux ne peuvent être contraints d’abandonner leur mandat . Rien ne les y oblige, hormis la décence, peut-être, notion singulièrement tombée en désuétude, surtout de la part de ceux qui n’en finissent plus d’invoquer valeurs démocratiques et esprit républicain.

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