Le coup de la rencontre fortuite, au milieu de la foule et des journalistes, était un peu gros pour être crédible et d’ailleurs personne n’y a cru. Mais c’est justement parce que ce rendez-vous ne devait rien au hasard qu’il a un sens politique.

Peu importe de savoir quel est le camp qui en a pris l’initiative, vendredi soir, sur le Vieux Port. Emmanuel Macron a voulu adouber Jean-Luc Mélenchon en unique opposant crédible, balayant les miettes socialistes, la droite en morceaux de Laurent Wauquiez et surtout le Rassemblement national de Marine Le Pen… Un statut de leader de l’opposition dont on peut comprendre aisément qu’il plaise à Jean-Luc Mélenchon, en quête de crédibilité au-delà de son camp… Macron étant convaincu qu’il finira toujours par l’emporter contre lui, c’est une nouvelle bipolarisation de notre vie politique que les deux hommes ont cherché à créer vendredi soir à Marseille.

Le tête à tête de vendredi a tourné au fiasco pour Mélenchon

Peut-être parce que la ficelle du hasard était un peu grosse mais surtout parce que le leader des Insoumis s’est montré d’un coup courtois, poli, presque déférant devant le chef de l’Etat. Certes, quand on connaît Jean-Luc Mélechon, il n’y a absolument rien de surprenant dans cette attitude. Le problème c’est qu’elle tranche avec l’image du bateleur d’estrade, vociférant et agressif, le populiste brillant qui sait galvaniser ses troupes. Et il suffisait de l’entendre dire un peu gêné, devant Macron, qu’il avait sans doute exagéré en le traitant un peu plus tôt « de plus grand xénophobe qu’on ait», pour mesurer le grand écart accompli en quelques instants, vendredi soir à Marseille. Et c’est ce grand écart dans la posture de Mélenchon qui a marqué les esprits. 

Un grand écart qui pourrait être gênant pour Jean-Luc Mélenchon

En tous cas il suffisait de lire les commentaires, les railleries qui ont agité les réseaux sociaux tout le week-end, y compris parmi ses soutiens, pour comprendre que ces images du Vieux Port, ne seraient pas conséquence… Sans parler des autres opposants; Olivier Faure, ou Marine Le Pen, qui se sont gaussés d’un duel qui serait en réalité un duo. Donc à court terme le coup est raté pour Mélenchon. Et il n’est pas certain que cela réjouisse Emmanuel Macron.

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