C’est aujourd’hui la rentrée des classes pour les députés : ouverture de la session extraordinaire de l’assemblée nationale. Les élus se retrouvent alors que le climat a bien changé.

Acte 43 des gilets jaunes à Montpellier
Acte 43 des gilets jaunes à Montpellier © AFP / Laurent Garcia / Hans Lucas

Le moins qu’on puisse dire est que ça ne va pas fort pour l’opposition

Pour les oppositions. 

Jean-Luc Mélenchon passe en correctionnelle dans dix jours, à cause d’une perquisition mouvementée. En attendant, il est allé se changer les idées, bien loin… en Amérique latine. 

Marine le Pen, elle, n’a pas parlé de l’été. Et en rentrant, on ne lui parle que de sa nièce. Plus grave, elle pensait surfer sur la vague nationaliste en Europe. C’est raté. Ses alliés l’italien Mateo Salvini, ou l’extrême droite autrichienne, ne sont plus au pouvoir. 

Les socialistes lancent une opération de la dernière chance. L’opération Bernard Cazeneuve. Pendant que les Républicains sont occupés à se trouver un nouveau patron…

Les macronistes ont un boulevard devant eux

Ça a un avantage : ils vont pouvoir passer des textes facilement. Prenez la PMA pour toutes. Potentiellement une bombe. Or, on voit mal maintenant la droite réussir à faire barrage…

Mais cette situation a aussi des inconvénients. Et ça commence paradoxalement à inquiéter pas mal de ministres, parce que si les contestations ne se canalisent pas au parlement, elles vont déborder où ? Dans la rue, sur les ronds-points, dans les hôpitaux. Avec des mouvements comme les urgences ou les gilets jaunes… 

Des formes de radicalité nouvelles, qui n’attendent qu’une étincelle pour flamber. Des mouvements sans leader, en dehors des syndicats, un peu violents car les gens ont compris que la radicalité paie. 

Au final, pour le pouvoir, il faut lâcher des milliards d’euros pour calmer la colère sociale. 

Macron ne va quand même pas aider l’opposition à se refaire une santé ?

Non, bien sûr. Mais c’est aussi un problème si ça dure pour la cohésion interne de la majorité. Pour faire régner la discipline dans un parti, rien de mieux – c’est un classique de la politique - que de pouvoir dire à un député récalcitrant : "Écoute n’étale pas tes divergences, ne fais pas le jeu de nos adversaires" 

Or, cet argument ne porte plus. Du coup, La République En Marche risque de tanguer de plus en plus. Notamment le 30 septembre, le jour du débat sur l’immigration à l’assemblée nationale. Débat de tous les dangers. Car le gouvernement et le groupe ne sont pas sur la même ligne. 

L’opposition n’est finalement pas là où l’attend. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.