Au moment où tout le monde parle de faire de la politique autrement, vous avez longuement rencontré un homme qui, lui, fait de la politique... à l'ancienne. .. il s’agit de Gérard Larcher .. le président du sénat ..

De la politique à l’ancienne .. et il s'en porte très bien...

Ah, il sait recevoir Gérard Larcher, à la présidence du Sénat. Des huissiers, partout. Une immense table. Un bouquet. ON est dans l'ancienne salle à manger de Bonaparte... Et donc, aujourd'hui, c'est Gérard Larcher, ce proche de François Fillon, qui occupe les lieux. Il est le 2eme personnage de l'Etat. Il est appelé à remplacer Hollande si le président a un pépin de santé.

Larcher, il mange, il boit, il parle au milieu de tout cet apparat. Il vous parle de Macron, des mouvements étudiants. Avec le détachement de celui qui en a vu d'autres...

Pour lui, la vraie politique, ce n'est pas ça. Ce sont des élus, ce sont des groupes politiques, des négociations...

Ca fait un peu old school, non?

On pérore beaucoup actuellement sur les nouveaux mouvements horizontaux, sans hiérarchie, hors des partis, comme Nuit debout, ou Podemos, en Espagne. Mais il ne faut pas s'emballer. C'est encore dans les institutions que ca se passe...

Le président du Sénat, il ne fait pas les gros titres, mais il reste incontournable. Regardez la révision constitutionnelle.

François Hollande a voulu faire un coup. Il a annoncé après les attentats qu'il allait toucher à la Constitution. Bon, il a juste oublié d'en parler, avant, à Larcher. Eh bien, mal lui en a pris. Parce que, quand il a fallu, trouver un compromis avec le sénat sur la déchéance de nationalité, Larcher n'a fait aucun cadeau à Hollande. Et il a royalement bloqué le projet de Hollande. Larcher, il en tire une leçon : « En France, il y a encore un parlement ».

Ça c'est le travail, comme opposant,… mais est-ce qu'il prend aussi des initiatives ?

Oui, même sur des terrains inattendus. La semaine dernière, le président du sénat était à Moscou. Il a longuement rencontré Vladimir Poutine pour parler de l'Ukraine et de la Syrie. Larcher, il fait partie de ces personnalités, de droite, de plus en plus nombreuses d'ailleurs, qui considèrent qu'il faut se rapprocher de Moscou.

Alors, on lui a demandé s'il allait faire, c'est quand même de la diplomatie, un compte-rendu à Hollande. Il s'est un peu vexé. Il a rectifié notre question. « Un président du sénat, ça fait des notes, mais pas des compte-rendu. Je ne prends pas de comptes. Je ne suis pas un ministre. »

Bref, j'aurais au moins retenu ça, les fonctions, ça se respecte.

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