L’ancien premier ministre est omniprésent. Et ça commence à fatiguer les responsables macronistes, qui ne savent plus comme le gérer.

Manuel Valls inaugure son QG de campagne dans le XIIIe, à Paris
Manuel Valls inaugure son QG de campagne dans le XIIIe, à Paris © Radio France / Nicolas Matthias

Par Marcelo Wesfreid

Manuel Valls est invité partout. Et il donne son avis sur tout. C’est le déstockage massif. Par exemple, je vais vous énumérer toutes ses prises de position, depuis lundi. 

  • Il faut une intervention militaire en Syrie.
  • Il faut mettre le paquet pour évacuer la ZAD, à Notre Dame des Landes.
  • Il faut en rester à la loi de 1905 et que la loi de 1905 pour la laïcité.
  • Il ne faut pas inscrire la Corse dans la Constitution.
  • Il faut réorganiser la SNCF.
  • Il faut rester ferme sur la sécurité routière.
  • Il faut discuter avec l’Arabie Saoudite. 

Et on est rarement dans la nuance. Si on résume la ligne politique : Manuel Valls n’est jamais complètement en phase avec Macron. Mais il n’est jamais complètement en rupture non plus. Bref, il cultive sa différence. Et ça commence à agacer.

Les macronistes sont obligés de faire le dos rond

Manuel Valls fait partie du groupe majoritaire. Il assiste aux réunions en tant que « apparenté » LaRem. Personne n’ose lui demander de respecter la discipline collective. Car il a un statut qui en impose, surtout auprès des petits nouveaux : il est actuellement le seul député à avoir été premier ministre. Mais la méfiance règne. Beaucoup pensent qu’il a un agenda politique caché, en gros qu’il veut revenir, prendre un gros poste ministériel. Qu’il essaie de fédérer des députés autour de lui. Qu’il n’a renoncé à rien. En privé, il dit qu’il ne projette plus. Mais que c’est la meilleure façon d’être prêt si les circonstances se présentent, un jour, pour un retour. Donc oui, il est toujours sur le ring. Sa technique c’est de rester en embuscade, de ne pas disparaître médiatiquement grâce à des prises de position tranchées, souvent de plus en plus radicales. 

Sauf que dans ce combat, il est plus seul que jamais. Ses amis se sont détournés de lui. Et certains anciens camarades ne lui feront pas de cadeau. Dans le livre de François Hollande, qui sort aujourd’hui, l’ancien président révèle ainsi que Manuel Valls lui avait écrit une lettre à la fin 2016 pour le dissuader se représenter. Et, bien sûr, il s’offrait pour le remplacer, le cas échéant. C’est beau l’altruisme. 

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