Un retour aux sources : c’est ce qu’on fait quand rien ne va plus ! François Hollande se tourne assez logiquement vers les quelques hommes qui l’accompagnent depuis longtemps. Il les consulte de plus en plus, il multiplie les rendez-vous avec eux.

la popularité de françois hollande se maintient à 24%, selon un sondage lh2
la popularité de françois hollande se maintient à 24%, selon un sondage lh2 © reuters

Eux ? Ceux qui ont cru en lui quand il était à 3 % dans les sondages. Qui ont traversé le désert à ses côtés. Ils ne sont pas nombreux. Au gouvernement, ils se comptent même sur les doigts d’une main. Car ils ont bien failli ne jamais y entrer ! François Hollande voulait tellement faire de la place à tout le monde, qu’il a sacrifié de nombreux proches. C’est dommage, parce les rares qu’il a sauvés s’en sortent plutôt bien.

Ce sont les vraies surprises du gouvernement. Ceux qui, à part Manuel Valls - qui roule surtout pour lui - et Laurent Fabius -qui fait figure de grand sage-, sont des piliers solides . Voyez : qui connaissait Jean-Yves Le Drian il y a un an ? Personne. Aujourd’hui le ministre de la

Défense – qui connaît François Hollande depuis plus de 30 ans – a mené une guerre au Mali, mène les opérations en Centrafrique, il était prêt à attaquer la Syrie. Et sans faire de vagues, sans provoquer de couacs. Son surnom c’est le « menhir ».

Et puis il y aMichel Sapin, le ministre du Travail. Ami du Président depuis les bancs de l’ENA, c’est à lui que reviendra une grande part des bénéfices de l’inversion de la courbe du chômage. Son nom revient régulièrement pour Matignon. Lui jure ne pas avoir envie mais l’essentiel, c’est qu’on y pense pour lui.

Enfin, il y a Stéphane Le Foll qui était directeur de cabinet de François Hollande pendant onze ans, lorsqu’il était Premier secrétaire du PS. On va écouter ce que François Hollande disait de lui en 2012, avant d’être élu :

href="http://www.franceinter.fr/#"> ![Lecture](http://www.franceinter.fr/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png) Il est maintenant ministre de l’Agriculture. Rien de surprenant _a priori_ puisque François Hollande pense de lui qu’il est l’un des meilleurs spécialistes de la question en France et en Europe. Pourtant, après son élection, il lui a proposé d’être son conseiller spécial pour le garder sous la main. Le Foll a dit non. Il ne voulait plus être son collaborateur. Grand bien lui en a pris. Il est l’un des rares qui peut dire au Président les choses franchement, sans s’embarrasser de fausses pudeurs. François Hollande le voit beaucoup ces derniers temps. Il organise des réunions à quatre, avec précisément Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian, pour avoir sondé ses troupes. **Les hollandais ont une obsession depuis le début : que François Hollande continue à faire de la politique. Ils ont été effrayés au début du mandat de se voir écartés au profit de technocrates dans l’entourage du Président.** Quand ils disent « technocrates », dans leur bouche, ce n’est pas positif. Selon eux, les actuels conseillers de François Hollande ont des chiffres pleins la tête mais ne connaissent rien à la réalité du terrain. Alors ils conseillent au chef de continuer à arpenter le pays, de s’adresser plus régulièrement aux Français par le biais par exemple de la conférence de presse qui aura lieu en janvier. **Mais François Hollande a pour habitude d’écouter les avis et puis, à la fin, de ne se fier qu’au sien.** Il doit composer avec sa majorité, et ce n’est pas toujours du goût des hollandais. Cette fameuse remise à plat de la fiscalité, ils n’en voulaient surtout pas ! Ils pensent que ca ajoutera des problèmes aux problèmes. Ils n’ont pas du tout été écoutés sur ce coup là. C’est Jean-Marc Ayrault qui a eu gain de cause. Et puis parfois ils ne sont pas d’accord entre eux. Par exemple sur la question du remaniement. «_Jean-Yves Le Drian pense que puisque rien ne va il faut tout changer. Stéphane Le Foll pense que puisque rien ne va, il faut tout changer_ », résume un conseiller ministériel. Une chose est sûre : d’ici à la présidentielle de 2017, François Hollande prendra bien soin de placer ses hommes à des postes stratégiques, par exemple à la direction du PS pour la campagne. Parce qu’il sait qu’on n’est jamais mieux servi que par les siens.
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