Emmanuel Macron a sorti de son chapeau les heures supplémentaires défiscalisées. Une mesure emblématique de l’époque de Nicolas Sarkozy. Et ce n’est pas une simple coïncidence.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Getty / Ricardo Ceppi

Plus le quinquennat avance, et plus Emmanuel Macron fait du Nicolas Sarkozy. Prenons l’une des annonces phares d’hier : les heures supplémentaires défiscalisées. C’était le fameux « travailler plus pour gagner plus ». Une mesure populaire, qui avait coûté quand même la bagatelle de 4 milliards d’euros. Du coup, François Hollande, épaulé à l’Elysée par un certain Emmanuel Macron, avait tout de suite, dès 2012, retiré cet avantage. Cinq ans plus tard, Macron les ressuscite donc. Il avait d’abord envisagé des heures sup sans cotisations. Puis, c’est ce qu’il a annoncé hier, des heures sup sans charge et sans impôt. Bref, sur le modèle d’il y a 11 ans… Un modèle dont ils ont sans doute parlé, en tête à tête, il y a quelques jours. Figurez-vous que vendredi dernier, c’est Valeurs actuelles qui nous l’apprend, le président a déjeuné avec Nicolas Sarkozy. La veille de la journée de manifestation tant redoutée.

Les deux hommes s’entendent bien ?

Oui, ils dînent parfois en couple à l’Elysée. Et vous l’aurez remarqué, on n’a pas entendu Nicolas Sarkozy pendant la crise des Gilets jaunes. Il n’a fait aucun commentaire qui aurait pu enfoncer Emmanuel Macron. Il est l’un des rares politiques à être resté en retrait.  

Sur la forme, les deux hommes ont le même culte de l’action, la même tendance aux petites phrases, gonflées à la testostérone. L’un disait aux pêcheurs du Guilvinec : « C’est toi qui a dit ca ? Eh bien descends un peu le dire ». L’autre a dit en pleine affaire Benalla : « Qu’ils viennent me chercher ». Les deux ont fait sur l’écologie un virage. On se souvient du fameux "l’environnement, ça commence à bien faire". Avec Macron, on n’en est pas encore là, mais la fiscalité écologique vient d’être enterrée.

Qu’est-ce qui explique ces similitudes ?

Emmanuel Macron est guidé par un principe, un peu dérisoire il faut le dire : c’est faire l’inverse en tous points de François Hollande, dont il a vu les erreurs de près. Que ce soit sur la gouvernance, la vie privée, l’économie… Or, François Hollande lui aussi s’était construit en prenant systématiquement le contre-pied de Nicolas Sarkozy.   

Le résultat, c’est qu'Emmanuel est finalement plus proche de Nicolas Sarkozy que de celui qui l’a propulsé en politique, François Hollande. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis.

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