François Fillon s’exprime peu, mais quand il parle, il glisse quelques avertissements sur sa détermination à se présenter 2017.

fillon fillon juge françois hollande comme un élève qui découvre sa mauvaise copie
fillon fillon juge françois hollande comme un élève qui découvre sa mauvaise copie © reuters

Ces derniers temps, ils sont nombreux les fillonistes à douter de la volonté de François Fillon d’en découdre vraiment. Souvent impressionnés par le buldozzer en préparation : Nicolas Sarkozy qui était hier la vedette du meeting de Nathalie Kosciusko-Morizet. La faute sans aucun doute à François Fillon lui-même, qui n’a jamais été très doué pour se constituer un réseau solide et pour rassurer les uns et les autres sur sa détermination.

Et pourtant, mine de rien comme à son habitude, Fillon trace son sillon et sème des petits cailloux passés inaperçus mais pas anodins. A deux semaines d’intervalle, il vient en effet très tranquillement d’affirmer qu’il serait candidat en 2017 qu’il y ait ou non une primaire dans son parti.

  • C'est-à-dire qu'il pourrait partir en dissidence ?

Oui sans l’étiquette du parti et si besoin face à Nicolas Sarkozy. Le 27 janvier dernier, dans un entretien auFigaro , François Fillon envoyait un premier avertissement : « S'il n'y a pas de primaire, plusieurs candidats se présenteront au premier tour et avec le Front national, menaçait-il, il y a un risque de ne pas être qualifié au second ». Voilà pour le 1er scud. En somme, méfiez-vous : je suis prêt à tout, quitte à faire perdre mon camp.

L’ancien chef du gouvernement a récidivé plus clairement encore hier matin sur RMC et BFM-TV :

Maintenant s’il n’y a pas de primaire c’est le premier tour de l’élection présidentielle dans la Ve République qui constitue la primaire.

En mai dernier, François Fillon avait déjà surpris en affirmant qu’il serait candidat, je le cite, « quoi qu’il arrive ». Un quoi qu’il arrive qui avait fait beaucoup jaser. Il avait alors rétropédalé en assurant qu’il parlait des primaires de 2016 décidées en janvier par les militants UMP. Mais en fait, il laissait parler le fond de sa pensée.

- Pourquoi aujourd’hui se fait-il plus explicite ?

Parce que les sarkozystes sont de plus en plus à la manœuvre pour faire place nette à leur champion. En d’autres termes, pour lui éviter de se soumettre à la primaire et barrer la route aux concurrents tels que François Fillon. Jean-Pierre Raffarin a même évoqué l’hypothèse d’un référendum des militants UMP pour annuler purement et simplement cette compétition interne dont Nicolas Sarkozy ne veut pas entendre parler.

D’où ces mises en garde de plus en plus précises de François Fillon.

Pourquoi est-on tenté de le croire, me direz-vous? Parce que l’ancien Premier ministre joue là sa dernière carte politique majeure de sa carrière.

S’il ne tente pas sa chance pour 2017, il est très peu probable qu’il soit sur la ligne de départ en 2022. Une sorte de baroud d’honneur, en somme, qu’il ne veut pas se voir voler.

Alors rien ne dit qu’en 2017, on ne se retrouve pas face à un remake du match de la guerre Chirac-Balladur. Fillon connaît cela par cœur. En 1995, il était dans le camp du dissident Edouard Balladur. Ironie de l'histoire : Nicolas Sarkozy était aussi un balladurien convaincu. Raison de plus, pour l'ancien président, de pas sous-estimer l'hypothèse d'une bataille fratricide.

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