Ce week-end encore, les manifestations des Gilets jaunes ont été marquées par une série de violences. Il y a eu des affrontements avec les policiers, des voitures incendiées, un homme a même eu la main arrachée en tentant de retourner une grenade lancée par les forces de l’ordre…

Il y a quelque chose d’exaspérant à voir chaque samedi ces violences à Bordeaux, Toulouse et ailleurs, ces véhicules incendiés dans les rues de Paris… Encore plus désespérant de voir ces hommes et ces femmes blessés, parfois très grièvement... Ces « samedis de la violence » porteurs ici ou là de leurs lots d’injures homophobes ou antisémites, sont devenus insupportables. 

J’entends derrière le poste, hurler nombre de Gilets jaunes et de leurs soutiens pour qui ces actes sont le fait de groupes radicaux d’extrême droite et d’extrême gauche, qui ne représentent en rien à la véritable nature du mouvement. Et c’est vrai ! Ces gens-là n’ont, pour la plupart, rien à voir avec le mouvement dans ce qu’il était à ses débuts. Il n’empêche que si la violence a pris, au fil des samedis, le pas sur les revendications sociales et fiscales, c’est aussi parce que certains des porte-parole des Gilets jaunes l’ont parfois justifiée, presque encouragée, en prenant le risque  de dénaturer le mouvement.  

Les violences policières sont aussi insupportables

Elles sont toutes aussi inadmissibles. 133 plaintes ont été déposées et des enquêtes ont été ouvertes à l’IGPN, sous l’autorité du parquet. Elles doivent être menées vites, car ces violences policières - même si elles sont elles aussi marginales - nourrissent la colère et les violences de certains Gilets jaunes. 

Mais le plus désespérant est que la violence ne se cantonne pas aux samedis et aux soirs de manifestations. Ce sont des élus qui sont bousculés, injuriés. L’enquête dira sans doute de quoi il s’agit exactement, mais la maison incendiée de Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, illustre le climat dans lequel nous vivons. Comme l’illustrent aussi les réseaux sociaux, devenus bien souvent réceptacles de haine et de violences…   

Comment en sortir ?  

Nul n’a intérêt à entretenir cette spirale de la violence. Ni le gouvernement dont on voit déjà les limites de la ligne sécuritaire, ni Jean-Luc Mélenchon dont les invectives insurrectionnelles n’ont donné aucun résultat dans les sondages. Quant à Marine Le Pen, elle engrange sans avoir besoin de souffler sur les braises. Mais ce sont les Gilets jaunes, dans ce qu’ils portent de revendications sociales, qui ont le plus à gagner. En s’émancipant et même en dénonçant les plus radicaux d’entre eux, en s’organisant, en se structurant aussi, c’est leur combat originel qui sera restauré. Au fond c’est la démocratie et les hommes et les femmes qui y croient encore qui pourront mettre un terme à ces « samedis de la violence » dont on ne voit aujourd’hui pas la fin…

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